Conquête de l’espace : La Turquie lance la construction de sa base en Somalie

La Turquie s’apprête à franchir une étape décisive dans sa quête d’autonomie technologique en implantant une base de lancement spatial en Somalie. Ce projet d’envergure, validé dans le cadre du Programme spatial national turc, vise à garantir une indépendance stratégique dans l’accès à l’espace tout en exploitant les avantages géographiques offerts par la Corne de l’Afrique.

Un choix géographique dicté par l’efficacité et la sécurité

Le choix de la Somalie ne relève pas du hasard, mais répond à des impératifs techniques précis liés à la mécanique orbitale. L’astrophysicien Umut Yildiz a expliqué à Anadolu que la proximité de l’équateur est un atout majeur pour les lancements. La vitesse de rotation de la Terre y étant plus élevée, les fusées bénéficient d’une poussée naturelle supplémentaire, ce qui permet une économie substantielle de carburant pour la mise en orbite de charges lourdes. Cette logique est comparable à celle de l’Agence spatiale européenne qui opère depuis la Guyane française.

Outre l’efficacité énergétique, la sécurité des trajectoires a été déterminante. Les lancements doivent s’effectuer vers la mer ou l’océan pour minimiser les risques de retombées sur des zones habitées. La situation géographique de la Turquie, entourée par des zones de tensions ou des nations voisines comme l’Ukraine, la Russie, Chypre et Israël, rendait les tirs depuis le sol turc problématiques. En Somalie, les conditions météorologiques favorables toute l’année et la faible densité du trafic aérien renforcent la viabilité du site, dont la sécurité sera assurée grâce à la présence militaire turque déjà effective sur place.

Vers une souveraineté industrielle et commerciale

Piloté par le ministère turc de l’Industrie et de la Technologie, avec l’appui de l’Agence spatiale turque (TUA), ce projet ambitionne de créer un écosystème complet. L’objectif est de produire localement les infrastructures, les sous-systèmes et les équipements critiques, tels que les moteurs de fusée et les technologies de carburant, afin de s’affranchir des dépendances extérieures. Dans une seconde phase, cette installation ne se limitera pas aux besoins étatiques ; elle s’ouvrira au secteur commercial international, constituant ainsi une source potentielle de revenus tout en contribuant au développement des infrastructures en Somalie.

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