Une étape significative dans la prise en charge des conséquences humanitaires du conflit en Casamance a été franchie ce jeudi à Dakar. Face à la persistance des déplacements forcés dans la sous-région, l’État du Sénégal a scellé un nouveau partenariat avec les instances communautaires et onusiennes. Cet accord vise à dépasser la simple aide d’urgence pour proposer des solutions d’intégration durable aux populations fragilisées.
Selon les informations communiquées lors de la cérémonie de lancement, ce programme bénéficie d’une enveloppe financière d’environ 300 millions de francs CFA. Prévu pour s’étendre sur une période de neuf mois, cet accord tripartite réunit le gouvernement sénégalais, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR). Le dispositif cible prioritairement l’autonomisation économique et l’inclusion sociale des réfugiés, des déplacés internes et des populations apatrides, avec une focalisation sur la Casamance et la vallée du fleuve Sénégal.
La Commissaire de la CEDEAO chargée des Affaires humanitaires et sociales, Pr Fatou Sow Sarr, a tenu à clarifier la nature de ce financement. D’après nos confrères de Sud Quotidien, elle a souligné qu’il ne s’agissait pas d’une assistance étrangère classique, mais de « la solidarité régionale en action », les fonds provenant majoritairement des contributions des États membres. Cette approche défend une vision où chaque citoyen, indépendamment de son statut, est considéré comme une ressource humaine capable de participer au développement économique local plutôt que comme un fardeau.
La cérémonie, présidée par le Colonel Ahmadou Moussa NDIR au nom du Comité national chargé de la gestion de la situation des réfugiés (CNRRPD), a également permis au HCR de réaffirmer l’importance de ce modèle. Andrew Wyllie, Directeur régional adjoint pour l’Afrique de l’Ouest et centrale, a noté que ce type de partenariat devient indispensable dans un contexte mondial de raréfaction des financements humanitaires. L’objectif final demeure le renforcement de la résilience des communautés pour réduire leur dépendance aux aides extérieures.