Crise au Soudan : Pour doubler l’action de l’ONU, Washington compte activer cette structure parallèle dirigée par Donald Trump

L’urgence diplomatique s’accentue autour du conflit soudanais à l’approche du mois de Ramadan. Alors que les combats entre l’armée régulière et les Forces de soutien rapide (FSR) perdurent depuis près de deux ans, les États-Unis tentent d’accélérer la mise en place d’une trêve humanitaire. Si le Conseil de sécurité des Nations unies reste le canal traditionnel pour ce type de résolution, l’administration américaine entend cette fois-ci s’appuyer sur un second levier d’influence, une structure internationale récente dont le mandat initial concernait pourtant une autre zone de conflit.

Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, Washington prévoit de soumettre son plan de paix pour le Soudan non seulement aux instances onusiennes, mais également au « Conseil de la paix ». Cette annonce a été formulée par Massad Boulos, conseiller principal des États-Unis pour les affaires arabes et africaines, lors d’un événement à l’Institut américain pour la paix.

L’objectif affiché par la diplomatie américaine est de créer un effet de levier politique supplémentaire. Massad Boulos précise que si les parties belligérantes acceptent la proposition, celle-ci sera transmise au Conseil de sécurité, puis « très peu de temps après » à cette nouvelle instance présidée par Donald Trump. « Le Conseil de la paix est très intéressé par ce processus […] et attend avec impatience de fournir un soutien considérable », a indiqué le conseiller, soulignant que ce groupe, bien que plus restreint que l’ONU, fait preuve d’un grand enthousiasme pour le dossier soudanais.

Cette démarche soulève la question de l’articulation entre les institutions internationales historiques et cette nouvelle initiative. Sur ce point, Washington insiste sur la complémentarité des deux volets. Massad Boulos assure que l’implication du Conseil de la paix, dont le Maroc est membre fondateur, « n’affecte en aucun cas l’ONU ». Une position nuancée toutefois par le secrétaire d’État américain Marco Rubio qui, tout en niant une volonté de remplacement, avait estimé lors d’une audition au Sénat que l’ONU avait « très peu servi » dans le cas de Gaza, dossier initial de ce conseil.

Sur le terrain, le plan de paix global a déjà reçu l’aval du « Quad », le groupe diplomatique composé des États-Unis, de l’Égypte, de l’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis. L’ONU a par ailleurs établi un mécanisme technique visant à faciliter le retrait des forces armées des villes clés, une étape préalable indispensable au retour des civils. Les parties au conflit ont donné un accord de principe pour entamer ces retraits, alors que Washington cherche à mobiliser 1,5 milliard de dollars pour répondre à la crise humanitaire majeure qui frappe le pays.

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