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Covid-19 : “Lettre au Président de la République, Macky Sall…”

Votre Excellence M. Macky SALL, c’est en citoyen et responsable de PME…, engagé dans l’économie de mon pays, que je vous adresse en tout respect cette lettre.

Je suis le patron d’une petite PME dans le secteur du transport, qui porte fièrement les couleurs du Sénégal. Contribuer à l’essor de mon pays a toujours nourri mes ambitions d’aussi loin que je me souvienne. J’ai œuvré durement à cette tâche, m’aidant de mes collaborateurs pour créer de la valeur et apporter un service professionnel aux citoyens.

Le bien être de mes salariés et apporter un impact positif dans mon pays ont toujours été le centre de mes préoccupations. Malgré la croissance de l’entreprise, je me suis privé de salaire depuis sa création, privilégiant les investissements et le pouvoir d’achat des collaborateurs : salariés et prestataires. J’aurais pu taire ce détail, si aujourd’hui il n’était pas question de lancer un SOS.

Un appel de détresse ?… Oui Monsieur le Président. Un cri du cœur que nous lançons mes collaborateurs et moi… Parce que nous osons encore croire en la république.

Cette entreprise que nous avons fait grandir, avec dur labeur, en nous acquittant honnêtement de nos impôts et taxes, repose aujourd’hui sur un équilibre de château de cartes. Constamment sous la menace du prochain courant d’air. Le #COVID19 a fait arrêter le temps et l’économie. Cependant, il n’a eu aucun effet sur mes valeurs et mes convictions. Ma volonté initial de contribuer au développement de mon pays et au pouvoir d’achat de mes collaborateurs demeure intacte. Elle en ressort même plus forte et au beau fixe à son pic pour rester dans le champ lexical épidémiologique de ce fameux Coronavirus.

En tant que dirigeant d’entreprise, dans ces heures graves, il est de mon devoir de tenir la barre pendant la tempête, de garder le cap malgré une navigation en eaux troubles et dans le brouillard. Il est de mon devoir de rassurer mais aussi et surtout de décider.

Parmi les décisions, pour contrer une perte brutale et totale de chiffre d’affaires, j’ai jugé indispensable de stopper tous les postes de dépenses de l’entreprise. Dans ce cadre j’ai :

  • Renégocié les conditions de rétrocession avec tous les investisseurs pour privilégier les salariés
  • Demandé des reports d’échéance aux banques pour sauvegarder la trésorerie
  • Suspendu tous les projets en développement pour économiser les ressources
  • Demandé une suspension de toutes les activités de prestations pendant 3 mois
  • Mais également la très lourde décision de mettre certains collaborateurs en chômage technique. Décider n’est jamais facile dans pareilles circonstances, les décisions sont mêmes souvent incomprises mais elles demeurent toutefois nécessaires.

Aucune entreprise de notre taille ne peut survivre à 100% de perte d’activité. Aussi invraisemblable que cela puisse paraître, le chômage technique est de loin le meilleur moyen de garantir une relance efficace après la fin de la crise. Se serrer la ceinture pour garantir un retour à l’emploi à tous nos collaborateurs internes et externes. N’est ce pas vous même qui parliez de SOLIDARITÉ?

Des décisions vous en avez prises en votre qualité de chef d’État. En instaurant un couvre feu, en limitant la circulation inter-régions et en décidant de fermer les frontières aériennes, c’était sans ignorer la douleur que ça serait pour les entreprises, mais il en allait de la santé publique. La priorité était de limiter la propagation du virus et sur ce point personne ne pourra vous reprocher un manque de réactivité.

Toutefois les mesures concrètes liées à ces décisions n’ont pas témoigné de la même réactivité. Nous, entreprises, avons dû patienter pour savoir à quelle sauce nous allions être mangé (veuillez excusez la familiarité de mes propos).

Personnellement c’est avec enthousiasme que j’ai attendu vos mesures. Vous aviez indiqué que la préservation de l’emploi serait votre priorité. Avoir le même objectif que MON président de la république me nourrissait d’espoir; pour mon entreprise, mais également pour les 97% de PME qui font l’économie du Sénégal.

M. Le président, avec tout mon respect, aujourd’hui je me vois dans l’obligation de vous témoigner mon inquiétude face aux mesures que vous avez mises en place.

Votre ordonnance n°001-2020 aménageant des mesures dérogatoires au licenciement et au chômage technique durant la période du COVID19 ne semble pas du tout un traitement efficace aux maux dont souffrent les PME.

Votre ordonnance impose aux entreprises qui ont recours au chômage partiel ou technique de verser un minimum de 70% du salaire net à leurs salariés.

M. le Président, si vous avez suivi la teneur de mes propos jusqu’ici vous comprendrez que les entreprises ne font pas recours à ces mécanismes extrêmes par gaieté de cœur, mais bien par instinct de survie. Ce fameux SOS, cette corde sur laquelle s’accroche chaque entrepreneur pour sauver ce que lui et ses collaborateurs ont mis tant de cœur à construire, pousse ces PME au pied du mûr, quand plus aucune solution ne semble exister, quand la seule lueur d’espoir semble être le recul; à prendre la dure décision de tout arrêter…pour mieux repartir.

M. Le Président quand plus rien ne rentre, vous continuez à exiger de ces braves PME de continuer à dépenser. Dépenser pour ses salariés quoi de plus noble pour une entreprise? Préserver l’emploi quoi de plus noble pour une entreprise? … tant que cela ne mène pas cette même entreprise à sa perte.

M. Le président, en honnête citoyen je me conformerai à la loi. Je continuerai à verser 70% de salaire à mes collaborateurs même si ceux ci n’ont plus d’activités. Toutefois M. Le Président, sachez qu’au jour du dépôt de bilan, quand le reste de trésorerie ne permettra plus de justifier la pérennité de l’entreprise, il y aura autant de chômeurs que de salariés qui ont du être payés quand il fallait jeûner.

Les états forts, les pays disposant d’une politique de chômage viennent relayer leurs entreprises en prenant en charge la rémunération de leurs salariés en période de chômage partiel ou technique. Ceci n’est pas le cas de mon cher pays, le Sénégal. La situation économique du pays ne permet pas à l’Etat de prendre en charge tous les chômeurs. Toutefois, de grâce n’imposez pas à ces braves entreprises de le faire, au risque de vous en créer plus… de chômeurs.

A la sortie de cette crise, nous entreprises avons besoin de ressources pour reprendre la dynamique et accélérer fort. Sans son carburant (nos entreprises), notre pays restera sur le départ quand les autres pays reprendront la course.

M. Le Président, j’entends le report d’échéance d’impôts et de taxes que vous avez consenti pour nous entreprises jusqu’au 15 juillet 2020. Veuillez excuser mon ignorance, toutefois une entreprise sans aucune activité économique est elle toujours redevable d’impôts et de taxes? Si nous ne sommes plus redevables comment cette mesure est-elle censée nous aider? Ne sommes pas entrain de noyer le poisson?

M. Le Président nous aurons besoin d’oxygène pour repartir. Sauriez vous nous obtenir une suspension d’échéances de minimum 6 mois auprès des banques pour respirer ? L’état serait t’il en mesure de supporter une partie de la rémunération des salariés qu’il nous impose de maintenir?

Si réellement l’objectif de l’état est de préserver l’emploi, le bon sens n’aurait pas été de préserver ceux qui créaient l’emploi? Sauriez-vous vous passer de 97% de vos PME?

Ce ne sont pas des manières de terminer un courrier avec autant de questions. Je vous prie d’excuser M. Le Président, ce fils de la nation si préoccupé par l’avenir économique de son pays, qu’il en oublie les règles élémentaires de grammaire.

Votre Excellence, M. Le président Macky Sall, je vous prie d’agréer mes salutations respectueuses.

Vive le Sénégal – Vive la République!

* Mouhameth BATHIERY
Mechatronic System Architect | Entrepreneur | Business Developper

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Un commentaire

  • Deug

    Ndeyesane gnep di joy. Mougne rek mossi dess le président ne peut être au four et au moulin.

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