Contre la version servie par Donald Trump à Davos, le mécanisme institutionnel cité par la présidence française pour démontrer l’impossibilité de la mesure

La passe d’armes verbale s’est jouée à distance, entre les sommets enneigés de Davos et le palais de l’Élysée. Alors que le président américain revendiquait publiquement avoir contraint la France à revoir sa politique tarifaire pharmaceutique, la présidence française a opposé un démenti formel ce mercredi, s’appuyant sur le fonctionnement légal des institutions de santé pour invalider les propos de Donald Trump.

La réaction de Paris ne s’est pas fait attendre. Quelques heures après une intervention remarquée de Donald Trump au Forum économique mondial, l’exécutif français a tenu à rectifier ce qu’il qualifie sans détour de « fake news ». Au cœur de cette divergence diplomatique se trouve la question sensible du prix des médicaments, sujet sur lequel le locataire de la Maison Blanche affirme avoir remporté une victoire commerciale.

Une impossibilité institutionnelle invoquée par Paris

Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, l’argumentaire de l’Élysée repose sur une réalité administrative précise : en France, le président de la République ne dispose pas du pouvoir de fixer les prix des produits pharmaceutiques. Cette prérogative relève exclusivement de l’Assurance maladie, qui encadre strictement la tarification. La présidence précise par ailleurs que les prix demeurent stables, contredisant l’idée d’une hausse soudaine qui aurait été décidée sous la pression extérieure.

Cette mise au point intervient alors que Donald Trump soutient depuis plusieurs semaines que Paris a cédé. Selon sa version, réitérée en Suisse, la menace de droits de douane accrus sur les produits européens, et spécifiquement sur les vins français, aurait suffi à faire plier son homologue.

Tensions rhétoriques à Davos

Devant son auditoire à Davos, le président américain a usé d’ironie pour décrire ses relations avec Emmanuel Macron, estimant que ce dernier avait tenté de « jouer le dur à cuire » avant de se ranger à ses exigences. Cette sortie fait écho au discours prononcé la veille par le chef de l’État français au même endroit. Sans nommer directement Donald Trump, Emmanuel Macron avait appelé au respect de « l’État de droit » et mis en garde contre les « idées folles », une formule largement interprétée comme une réponse aux méthodes de négociation de Washington.

Ce n’est pas la première fois que ce dossier suscite des frictions. Dès décembre 2025, l’Élysée avait déjà dû démentir des allégations similaires, rappelant que la politique du médicament en France obéit à des règles de régulation interne et non à des injonctions diplomatiques.

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