Le versement de l’indemnité de logement est désormais effectif pour les milliers d’agents de l’administration qui en étaient jusqu’ici privés. Si la matérialisation de cet acquis sur les bulletins de salaire marque une avancée sociale attendue, le traitement des mois antérieurs posait encore problème au sein des ministères. Alors que les services administratifs écartaient initialement toute rétroactivité, l’arbitrage rendu par le sommet de l’État vient de modifier les paramètres financiers du dossier.
Le Collectif interministériel des agents de l’administration sénégalaise (Ciaas) a confirmé, dans un communiqué publié ce 1er février 2026, la réception des fonds pour 16 000 travailleurs, incluant fonctionnaires et non-fonctionnaires. Cette régularisation fait suite à un décret signé en décembre dernier, visant à corriger une disparité de traitement au sein de la Fonction publique. Cependant, l’application de cette mesure a fait l’objet d’une divergence d’interprétation entre l’administration et les bénéficiaires concernant la date de prise d’effet.
Un arbitrage présidentiel sur la rétroactivité
Le ministère de la Fonction publique avait dans un premier temps arrêté une position stricte : aucun rappel ne devait être versé. L’administration souhaitait limiter l’impact budgétaire à la date de signature du décret, excluant de fait toute période antérieure. Cette orientation a été remise en cause lors d’une audience accordée le 29 janvier 2026 au Secrétaire général de la Csa, Elimane Diouf.
Selon les informations rapportées par Le Quotidien, le Président Bassirou Diomaye Faye a tranché en faveur d’une extension de la mesure. Le chef de l’État a ordonné que le paiement intègre un rappel courant à partir de juin 2025. Cette date correspond au moment précis où cette dépense avait été formellement inscrite dans la Loi de finances rectificative.
Six mois d’arriérés à recouvrer
Concrètement, cette décision présidentielle octroie aux 16 000 agents concernés un rappel de six mois, s’ajoutant au paiement mensuel désormais activé. Pour le Ciaas, qui a exprimé sa gratitude envers le chef de l’État, cet arbitrage constitue un levier déterminant pour l’apaisement du climat social. Le collectif attend désormais des services financiers de l’État l’exécution rapide de cette directive pour solder définitivement les comptes de l’année 2025.