Depuis l’intensification des hostilités fin février entre l’Iran, Israël et les États-Unis, la confrontation se déploie également sur le terrain de la communication. Alors que le Pentagone affiche sa confiance quant à la neutralisation des capacités militaires iraniennes, la diplomatie de Téhéran vient d’opposer un démenti formel en s’appuyant sur un précédent historique précis pour contester le récit américain.
Selon l’agence Anadolu, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a pris la parole ce vendredi sur la plateforme X pour répondre aux récentes déclarations de Washington. Il a dressé un parallèle direct entre la situation actuelle au Moyen-Orient et la communication de l’armée américaine durant la guerre du Vietnam. Le chef de la diplomatie a spécifiquement évoqué l’année 1967 et le général William Westmoreland, rappelé à l’époque pour affirmer que les États-Unis étaient « en train de gagner », alors que les pertes s’accumulaient. Des points de presse que les médias avaient alors surnommés les « Five O’Clock Follies ».
Pour Abbas Araghchi, ce même scénario se répète aujourd’hui avec le secrétaire à la Défense américain, Hegseth, dont le message serait, selon lui, détaché de la réalité du terrain. Le ministre iranien avance des éléments matériels pour étayer son propos : alors que Washington affirme avoir neutralisé les défenses de Téhéran, la diplomatie iranienne indique qu’un chasseur F-35 a été touché par des tirs avant de s’écraser. De plus, Abbas Araghchi souligne que l’USS Gerald Ford a fait demi-tour et que l’USS Abraham Lincoln s’est davantage éloigné, contredisant l’idée d’une marine iranienne hors d’état de nuire.
Cette passe d’armes verbale intervient dans un contexte d’escalade militaire majeure. Depuis le 28 février, les attaques conjointes menées par Israël et les États-Unis contre l’Iran ont fait environ 1 300 morts, parmi lesquels figure l’ancien guide suprême Ali Khamenei. En riposte, Téhéran a lancé de multiples frappes de drones et de missiles ciblant Israël, ainsi que la Jordanie, l’Irak et plusieurs pays du Golfe abritant des installations militaires américaines.