Compact Énergie : À moins de huit mois de l’échéance, le montant exact que le Trésor doit encore libérer

La mise en œuvre du Compact énergie, pilotée par le Millennium Challenge Account Sénégal II (MCA-Sénégal II), entre dans sa phase critique. Alors que le programme doit théoriquement s’achever dans moins de huit mois, la finalisation des projets dépend encore de la mobilisation d’une enveloppe financière spécifique par l’État du Sénégal. Au-delà des réalisations techniques, c’est une obligation comptable précise qui retient l’attention des gestionnaires du projet à l’approche de la date butoir.

**Le reliquat financier attendu de l’État**

Le financement global du programme, fruit de la coopération avec les États-Unis, repose sur une subvention américaine de 550 millions de dollars et une contribution nationale de 50 millions de dollars (environ 27,8 milliards de francs CFA). Si la grande majorité de ces fonds a été engagée, un solde reste à couvrir pour respecter les engagements initiaux.

Selon les précisions apportées par Oumar Diop, Directeur général du MCA-Sénégal II, lors d’une visite de parlementaires rapportée par nos confrères de *Le Quotidien*, le gouvernement doit encore mobiliser 4 milliards de francs CFA. Sur l’ardoise restante de 8 milliards identifiée récemment au niveau du ministère des Finances et du Budget, la moitié a été engagée, laissant ce reliquat de 4 milliards à trouver impérativement pour éviter tout blocage de dernière minute.

**État des lieux des chantiers et taux de décaissement**

Malgré cette contrainte financière, l’exécution du programme affiche des taux de progression soutenus. L’enveloppe globale de 600 millions de dollars (environ 330 milliards de francs CFA) est engagée à hauteur de 89 %, avec un taux de décaissement dépassant les 75 %. Le programme se déploie à travers trois axes majeurs :

Le volet « Transport », doté de 220 milliards de francs CFA pour renforcer le réseau de la Senelec, affiche un avancement physique de 95 %. Le volet « Accès », ciblant l’électrification rurale et périurbaine pour 35 milliards, se situe à 71 %. Enfin, le volet « Réforme », destiné au cadre réglementaire, atteint 83 % de réalisation.

**Les facteurs de retard et la demande d’extension**

Le calendrier initial a subi plusieurs perturbations exogènes. La crise du Covid-19 a entraîné un renchérissement des coûts, nécessitant de longues renégociations avec les entreprises prestataires. Le contexte électoral de 2024 a également ralenti certaines activités. Par ailleurs, une suspension temporaire de trois mois, décidée par l’administration Trump lors d’une revue globale des programmes d’aide, a impacté la fluidité des opérations.

Face à un retard cumulé estimé à six mois, la direction du MCA-Sénégal II a officiellement sollicité une extension auprès de la Millennium Challenge Corporation (MCC). Cette requête, qui inclut une demande de ressources additionnelles, est en cours d’examen. Oumar Diop affiche son optimisme quant à une réponse favorable de Washington d’ici deux à trois mois, ce qui permettrait de repousser l’échéance technique et de finaliser les travaux dans des conditions optimales.

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