La sécurisation des voies maritimes au Moyen-Orient prend une nouvelle tournure diplomatique. Le président américain Donald Trump tente actuellement de mettre sur pied une force internationale pour garantir la réouverture et le libre passage dans le détroit d’Ormuz. Si Washington affiche un optimisme quant aux soutiens ralliés, les contours exacts de cette initiative se heurtent à des considérations sécuritaires et à la prudence de certains partenaires historiques.
Lors d’une allocution prononcée lundi à la Maison Blanche, Donald Trump a affirmé avoir obtenu des engagements fermes de la part de plusieurs nations prêtes à appuyer les États-Unis dans cette zone stratégique. Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, le chef de l’État américain a toutefois catégoriquement refusé de dresser la liste des pays volontaires. Cette discrétion assumée vise, selon lui, à protéger ces États qui craindraient d’être directement pris pour cibles s’ils étaient publiquement associés à cette opération militaire.
Cette initiative intervient dans un climat régional particulièrement volatil, marqué par des tensions militaires accrues et des frappes touchant les pays du Golfe. La veille, Washington avait lancé un appel public en direction de la Chine, de la France, du Japon, de la Corée du Sud et du Royaume-Uni pour bâtir cet effort collectif en y déployant des navires de guerre. Interrogé spécifiquement sur ses échanges avec son homologue français Emmanuel Macron, Donald Trump a évalué l’engagement de Paris à « huit sur une échelle de zéro à dix », ajoutant qu’il ne s’attendait « pas à la perfection ».
L’urgence américaine contraste avec la dépendance énergétique réelle du pays. Les États-Unis font transiter moins de 1 % de leurs importations pétrolières par le détroit d’Ormuz, laissant l’essentiel des risques d’approvisionnement peser sur les marchés asiatiques et européens. Face à cet appel de Washington, les premières réactions européennes traduisent une nette retenue. Le Premier ministre britannique Keir Starmer a prévenu que Londres n’engagerait pas ses troupes sans un mandat juridique clair, refusant d’être entraîné dans une guerre plus large. Une ligne de prudence partagée par l’Allemagne, dont le ministre des Affaires étrangères, Johann Wadephul, a souligné qu’aucune décision de l’OTAN ne prévoyait actuellement de prendre en charge la sécurisation de ce détroit.