Investi à la tête de l’État, le nouveau dirigeant chilien entame son mandat par une série de ruptures nettes avec l’administration précédente. Élu sur un programme conservateur, José Antonio Kast a immédiatement ciblé un pan spécifique de la réglementation nationale pour imposer sa nouvelle vision politique et économique.
Selon les informations d’Al Jazeera, le nouveau gouvernement a annoncé la suspension de 43 règles destinées à la protection de l’environnement. Le ministère chilien de l’Environnement a officiellement retiré ces décrets, qui avaient été introduits dans les derniers jours du mandat du président sortant de gauche, Gabriel Boric. Ces textes, qui étaient encore en cours d’examen par le bureau du contrôleur général, encadraient des domaines tels que les émissions des centrales électriques, la pollution issue des fonderies et la création de nouveaux parcs nationaux.
Pour justifier cette dérégulation rapide, le président Kast, investi le 11 mars, a mis en avant les impératifs économiques du pays. « Je comprends qu’il y ait des inquiétudes », a-t-il déclaré, soulignant vouloir répondre aux besoins de la population en privilégiant « la croissance, la protection de l’environnement, mais par-dessus tout, l’emploi ». Le ministère de l’Environnement a de son côté qualifié le retrait de ces textes de « pratique courante » lors d’une transition, assurant vouloir maintenir des standards légaux élevés pour protéger le patrimoine naturel du pays.
Cette offensive de dérégulation s’accompagne d’autres mesures de rupture. L’administration a engagé des coupes budgétaires visant à réduire les dépenses publiques d’environ 3 milliards de dollars pour l’année 2026, s’ajoutant aux 800 millions de dollars de réductions déjà prévues par l’équipe précédente.
Sur le plan sécuritaire, une autre promesse de campagne est en cours d’exécution à la frontière nord du pays, partagée avec le Pérou et la Bolivie. Des engins de chantier ont été déployés pour creuser de nouvelles tranchées destinées à bloquer les passages clandestins. Cette stratégie de « bouclier frontalier », qui fait écho aux politiques migratoires de dirigeants tels que Donald Trump, vise à répondre aux préoccupations des électeurs. « Nous avons pris des décisions claires et concrètes pour fermer notre frontière à l’immigration illégale, au trafic de drogue et au crime organisé », a indiqué José Antonio Kast, précisant que ce déploiement se ferait sans délai.