Les incendies dévastateurs de janvier 2025 en Californie du Sud continuent d’alimenter les tensions politiques aux États-Unis. Alors que la reconstruction piétine dans la région de Los Angeles près d’un an après le drame, le président Donald Trump a pris une décision unilatérale ce mercredi, transformant une crise environnementale en conflit institutionnel direct avec les dirigeants démocrates de l’État.
Lors d’une allocution prononcée à Washington, le chef de l’État américain a annoncé son intention de retirer aux autorités locales californiennes la gestion des permis de construire. Selon les éléments rapportés par Al Jazeera, Donald Trump entend placer ce processus sous tutelle fédérale directe, invoquant une urgence nationale face à la lenteur des procédures administratives locales.
Une mise sous tutelle confiée à l’EPA
Pour orchestrer cette reprise en main, le président a désigné publiquement Lee Zeldin, l’actuel directeur de l’Agence de protection de l’environnement (EPA). S’adressant directement à ce dernier depuis l’estrade, Donald Trump a déclaré : « Je ne l’ai pas encore dit à Lee Zeldin, mais je vais vous charger de l’obtention des permis. Je pense que nous allons passer outre les autorités locales ».
Cette manœuvre vise spécifiquement les dirigeants démocrates de Californie, notamment le gouverneur Gavin Newsom et la maire de Los Angeles, Karen Bass. L’administration Trump justifie cette ingérence par un bilan jugé catastrophique de la reconstruction : sur les 16 000 bâtiments détruits par les flammes en janvier 2025, le processus de réhabilitation avance lentement. Un site de suivi de l’État indique que seulement 2 981 permis ont été approuvés pour 6 811 demandes déposées dans les zones touchées, incluant Los Angeles, Malibu et Pasadena.
La contre-attaque des élus locaux
La réaction des responsables californiens ne s’est pas fait attendre. Pour le camp démocrate, cette annonce est perçue comme une tentative de détourner l’attention du véritable problème : le blocage des fonds fédéraux. Karen Bass, maire de Los Angeles, a rappelé dans un communiqué que le président n’avait « aucune autorité sur le processus local de délivrance de permis ». Selon elle, l’exécutif fédéral devrait plutôt se concentrer sur le déblocage des fonds de la FEMA (Agence fédérale de gestion des urgences) et l’accélération des remboursements.
Le gouverneur Gavin Newsom a également réagi vivement sur les réseaux sociaux, accusant l’administration Trump de retenir l’aide financière nécessaire aux communautés. « Les fédéraux doivent débloquer les fonds, pas prendre le contrôle de l’approbation des permis locaux », a précisé son bureau de presse, soulignant que l’obstacle principal reste le manque d’argent pour reconstruire, et non la bureaucratie.
Un bilan lourd et des coûts astronomiques
Le contexte de ce bras de fer reste le traumatisme des incendies du début d’année 2025, attisés par les vents de Santa Ana, qui ont ravagé plus de 15 000 hectares. Si le bilan officiel fait état de 31 décès directs, des chercheurs de l’Université d’Helsinki estiment que les conséquences indirectes, liées à la qualité de l’air et au stress sanitaire, pourraient avoir causé jusqu’à 440 morts.
Le coût des dégâts est estimé à 65 milliards de dollars. Donald Trump a par ailleurs signé un décret mardi ciblant les dirigeants démocrates pour « échec abject à reconstruire », ordonnant à la FEMA d’enquêter sur l’utilisation des fonds fédéraux, soupçonnant qu’ils aient pu être attribués de manière arbitraire.