Bras de fer à Prague : le type d’appareil militaire que le gouvernement refuse de livrer à Kiev

Au 1 426e jour du conflit, la guerre en Ukraine continue de se jouer sur deux fronts simultanés : celui, cinétique, des frappes aériennes qui visent les infrastructures énergétiques, et celui, diplomatique, où se dessinent les limites du soutien international et les pressions politiques. Alors que les températures chutent, aggravant l’impact des coupures de courant, Kiev doit gérer des divergences avec ses partenaires européens et répondre aux attentes complexes de la nouvelle administration américaine.

Selon les informations rapportées par Al Jazeera, une fracture politique est apparue en République tchèque concernant l’aide militaire. Le Premier ministre Andrej Babis a formellement rejeté un plan, pourtant esquissé par le président Petr Pavel, visant à transférer des avions de combat légers à l’Ukraine. Il s’agit spécifiquement des jets subsoniques L-159, que Kiev avait proposé d’acheter pour intercepter les drones russes. Cette décision marque un refus net de Prague de céder ou de vendre ces appareils, illustrant les débats internes qui peuvent ralentir l’acheminement de matériel spécifique.

Les infrastructures électorales jugées inopérantes

Sur le plan politique, l’Ukraine fait face à une autre forme de pression émanant de Washington. En réponse à une demande formulée par Donald Trump concernant la tenue d’élections, le chef de la commission électorale ukrainienne, Oleh Didenko, a dressé un constat logistique sans appel. L’organisation d’un scrutin est pour l’heure jugée irréalisable face aux défis immenses : des infrastructures en ruines et des millions de citoyens déplacés par les combats. Cette mise au point technique vise à tempérer les exigences de calendrier politique face à la réalité du terrain.

Une pression aérienne continue sur le réseau énergétique

Sur le terrain, l’intensité des frappes russes ne faiblit pas. L’armée de l’air ukrainienne rapporte le lancement de 145 drones par Moscou, dont 126 ont été interceptés. Malgré ce taux de réussite élevé, les engins qui sont passés au travers des défenses ont causé des dégâts significatifs. Dans la région d’Odessa, les infrastructures gazières et énergétiques ont été touchées, blessant une personne et privant 30 800 foyers d’électricité, selon l’opérateur privé DTEK.

La deuxième ville du pays, Kharkiv, a également subi des tirs de missiles endommageant une installation critique, bien que le maire Ihor Terekhov n’ait pas précisé la nature exacte du site touché. Parallèlement, le ministre ukrainien de l’Énergie, Denys Shmyhal, a alerté l’AIEA sur des préparatifs russes visant de nouvelles frappes contre les installations assurant le fonctionnement des centrales nucléaires, bien qu’une ligne à haute tension vitale pour la centrale de Zaporijia ait pu être reconnectée.

Enfin, sur le front économique, les ressources finançant l’effort de guerre russe montrent des signes d’érosion. Une analyse relayée par nos confrères indique que les recettes fiscales russes issues du pétrole et du gaz devraient chuter de 46 % en janvier par rapport à l’année précédente, conséquence de la baisse des prix du brut et du renforcement du rouble.

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