Deux ans après le drame qui a secoué le sud-est de la Turquie, l’heure est aux comptes définitifs. En déplacement à Osmaniye pour une cérémonie de commémoration, le président Recep Tayyip Erdogan a dressé le bilan de la catastrophe du 6 février 2023. Au-delà du lourd tribut humain, le chef de l’État a levé le voile sur l’impact financier réel de ces événements pour l’économie turque, révélant des chiffres qui dépassent les premières estimations des dégâts matériels.
Lors de cette prise de parole rapportée par l’agence Anadolu, le président turc a d’abord tenu à honorer la mémoire des victimes. Le bilan humain, désormais consolidé, fait état de 53 697 décès. Une tragédie qualifiée par Erdogan de « l’une des plus grandes catastrophes de notre histoire ». Les opérations de secours avaient permis de prendre en charge 107 213 blessés, tandis que l’ampleur des destructions a nécessité l’évacuation de 3,5 millions de citoyens hors de la zone sinistrée.
Sur le plan matériel, les données officielles soulignent la violence du phénomène. Sur un parc de plus de 2,3 millions de bâtiments situés dans la région affectée, près de 40 000 se sont effondrés instantanément. Les inspections ont par la suite révélé que 199 000 autres structures avaient subi des dommages graves, rendant leur utilisation impossible, et 36 000 présentaient des dégâts modérés.
Cependant, c’est sur le terrain économique que le bilan s’alourdit considérablement. Selon les chiffres communiqués par Ankara, si le coût direct des destructions s’élève à 104 milliards de dollars, les pertes indirectes pèsent encore plus lourd sur la balance, atteignant 150 milliards de dollars. Le président Erdogan a mis en perspective ces montants en soulignant une statistique frappante : cette perte économique globale correspond à 9 % du revenu national de la Turquie pour l’année 2023.
Face à ce défi financier sans précédent causé par une catastrophe naturelle, l’État poursuit ses efforts de reconstruction. À ce jour, 455 357 unités indépendantes ont été achevées, comprenant plus de 433 000 logements et environ 21 000 locaux commerciaux, marquant une étape importante dans le relèvement des provinces touchées.