C’est une première confrontation judiciaire très attendue après le drame qui a secoué Sydney en décembre dernier. Naveed Akram, accusé d’avoir perpétré l’attaque la plus meurtrière de l’histoire récente du pays lors des célébrations de Hanoukka, a comparu ce lundi devant le tribunal. Une audience procédurale marquée par la lourdeur des charges et une annonce de la défense concernant la durée prévisible de la procédure.
L’homme de 24 ans est apparu par liaison vidéo depuis le centre correctionnel de Goulburn, une prison de haute sécurité située au sud-ouest de Sydney. Vêtu d’un pull vert fourni par l’administration pénitentiaire, les mains posées sur les genoux, Naveed Akram a fait face à la magistrate adjointe Sharon Freund. Cette comparution intervient dans un contexte de sécurité maximale, alors que l’accusé doit répondre de 59 chefs d’inculpation, incluant des accusations de meurtre et d’infractions liées au terrorisme.
Les faits reprochés remontent au 14 décembre 2025. Selon les éléments du dossier rapportés par nos confrères d’Anadolu, l’attaque survenue lors des festivités de Hanoukka à Bondi Beach a causé la mort de 15 personnes et fait 42 blessés. Lors de l’intervention des forces de l’ordre, le père de l’accusé, Sajid Akram, âgé de 50 ans, avait été mortellement touché par des tirs de la police.
L’audience de ce lundi visait principalement à régler des questions de procédure. La magistrate a notamment prolongé les ordonnances de non-publication destinées à protéger l’identité des victimes et des survivants. À la question de savoir s’il comprenait les échanges, l’accusé s’est limité à des réponses brèves, confirmant simplement avoir entendu les directives.
C’est à l’issue de l’audience que l’avocat de la défense, Ben Archibold, a livré aux journalistes une estimation sur la temporalité du dossier. Soulignant qu’il n’avait pas encore reçu le dossier complet des preuves de l’accusation et qu’il était prématuré de définir une position de défense, l’avocat a indiqué que la procédure judiciaire pourrait s’étirer considérablement. Selon ses estimations, le procès pourrait se prolonger jusqu’en 2027.
Ben Archibold a également évoqué les conditions de détention de son client au sein de l’unité « supermax » de Goulburn, connue pour imposer des restrictions très strictes aux détenus accusés de crimes majeurs. La prochaine audience a été fixée au 8 avril, date à laquelle la défense espère avoir pris connaissance des éléments matériels du dossier.