L’agence centrale de renseignement américaine (CIA) procède actuellement à un examen rigoureux de ses productions analytiques récentes. Une évaluation indépendante portant sur la dernière décennie a conduit la direction à se pencher sur plusieurs documents internes dont la neutralité a été remise en question.
Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, le directeur de la CIA, John Ratcliffe, a officiellement ordonné le retrait ou la « révision substantielle » de 19 évaluations de renseignement. La direction justifie cette décision par un biais politique identifié dans la rédaction de ces textes.
Dans un communiqué, John Ratcliffe a précisé que ces analyses, élaborées avant sa prise de fonctions, « ne répondent pas aux normes élevées d’impartialité que la CIA doit respecter ». Il a souligné qu’il n’y a « aucune place pour les biais » dans le travail du renseignement américain.
La sélection de ces documents fait suite à un examen mené par le Conseil consultatif du président des États-Unis sur le renseignement. L’institution précise que les rapports ciblés manquaient d’indépendance vis-à-vis des considérations politiques et s’éloignaient des standards analytiques de la communauté du renseignement.
Trois exemples expurgés ont été rendus publics pour illustrer cette démarche. Ils concernent l’implication de femmes dans l’extrémisme violent à motivation raciale, les pressions exercées sur des militants LGBT en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, ainsi que les pénuries de contraceptifs liées au Covid-19 dans les pays en développement. D’après le New York Times, qui cite un haut responsable de l’administration américaine, la majorité des autres rapports visés traitaient de questions de diversité, d’équité et d’inclusion.
La déclassification de ces documents et l’argument des défauts analytiques avancés par la direction actuelle ont toutefois été remis en question par d’anciens responsables de l’agence.