L’armée israélienne a mis fin, tard dans la nuit de jeudi, à une opération d’envergure dans le quartier sud d’Hébron, en Cisjordanie occupée. Selon l’agence Anadolu, ce retrait intervient après quatre jours de tensions marquées par un déploiement militaire intensif et des mesures de restriction sévères pour la population locale.
Sur le terrain, la levée du dispositif a permis aux habitants de constater l’ampleur des opérations menées durant la semaine. Les témoignages recueillis sur place font état d’un soulagement visible au sein de la population, qui a pu regagner les rues après une période de confinement strict. Durant cette intervention, les forces de sécurité ont procédé à de nombreuses interpellations. Si des sources locales évoquent au moins dix arrestations et des dizaines d’interrogatoires menés directement dans les domiciles, la chaîne israélienne Channel 12 avance le chiffre de 14 Palestiniens arrêtés et mentionne la fouille systématique de 350 habitations.
Les dégâts matériels rapportés sont également significatifs. Les infrastructures routières, tant principales que secondaires, ont subi des fermetures et des dégradations, tout comme plusieurs véhicules stationnés dans la zone d’intervention. Les familles du sud d’Hébron, dans un communiqué, ont appelé au maintien de la cohésion sociale face à ces événements, tout en saluant le travail des journalistes pour avoir documenté ce qu’elles qualifient de « punition collective » et contesté le narratif officiel par des images de terrain.
L’armée israélienne avait justifié ce déploiement, lancé lundi avec l’appui du Shin Bet (sécurité intérieure) et de la police des frontières, par des impératifs sécuritaires précis. L’objectif déclaré était la zone de Jabal Jawhar, ciblée pour une supposée hausse de l’activité armée, des conflits claniques et la circulation d’armes illégales. Cette opération s’est déroulée spécifiquement dans la zone H2, un secteur placé sous contrôle militaire israélien exclusif depuis les accords de 1997, qui divisent la ville en deux secteurs distincts.
Ce retrait s’inscrit dans un contexte régional particulièrement tendu. Depuis octobre 2023 et le début de la guerre à Gaza, les opérations militaires et les incursions se sont intensifiées en Cisjordanie. Les données officielles palestiniennes recensent plus de 1 100 morts et environ 21 000 arrestations dans ce territoire sur cette période, témoignant d’une escalade continue de la violence.