Une nouvelle escalade de violence a frappé la ville de Kadugli, dans l’État du Kordofan-Méridional, marquant une étape tragique dans le conflit qui déchire le pays. Alors que les affrontements entre l’armée régulière et les forces paramilitaires se poursuivent, une frappe aérienne a touché mardi une zone civile sensible, alourdissant le bilan humain déjà catastrophique de cette guerre.
Le raid, mené au moyen d’un drone, a visé une infrastructure vitale dans le quartier de Hajar Al-Nour. Selon les données communiquées par le Réseau des médecins du Soudan et relayées par l’agence Anadolu, la cible de cette attaque attribuée aux Forces de soutien rapide (FSR) n’était autre que le centre de santé Al-Shartai. Le bilan est particulièrement lourd pour la population civile : huit personnes ont perdu la vie, parmi lesquelles figurent cinq enfants et trois femmes. Onze autres personnes ont été blessées lors de cette frappe qui a également causé d’importants dégâts matériels à la structure médicale.
Cette offensive ne s’est pas limitée au centre de santé. Une seconde frappe de drone a été signalée dans le quartier de Kalba, toujours à Kadugli, bien que celle-ci n’ait heureusement pas fait de victimes. Face à ces événements, le corps médical a vivement réagi, qualifiant ces attaques contre des établissements de soins de « violation flagrante du droit international humanitaire ». Ces actes contreviennent directement aux conventions censées garantir la protection des civils et des structures hospitalières en temps de guerre.
Ce drame survient dans un contexte militaire particulier. Quelques heures avant l’attaque, le général Abdel Fattah al-Burhan, président du Conseil de souveraineté de transition, avait annoncé une avancée significative des troupes gouvernementales. L’armée affirme avoir réussi à briser le siège imposé depuis plusieurs mois par les FSR et leurs alliés du Mouvement populaire de libération du Soudan-Nord (SPLM-N) sur la ville de Kadugli. Cette percée militaire semble avoir déclenché une riposte immédiate des paramilitaires, dont les drones ont ciblé l’intérieur de la ville.
Le conflit, déclenché le 15 avril 2023, continue de diviser le pays. Les FSR maintiennent leur emprise sur la majorité des États du Darfour, à l’ouest, tandis que l’armée contrôle la majeure partie des territoires du nord, de l’est et du centre, incluant la capitale Khartoum. Pour l’heure, le groupe paramilitaire n’a émis aucun commentaire officiel concernant le bombardement du centre médical.