Au-delà de la vitrine commerciale du Sencon, le changement de statut radical attendu par le gouvernement de la part des exposants

La onzième édition du Salon de la construction, de la finition et de l’infrastructure (Sencon) n’a pas seulement servi de vitrine technologique. Elle a offert une tribune au gouvernement pour redéfinir les règles du jeu avec ses partenaires économiques. En visite sur les stands, le ministre de l’Industrie et du Commerce a profité de la présence massive d’investisseurs internationaux pour clarifier la nouvelle orientation stratégique du Sénégal : le temps de la simple consommation de produits importés est révolu.

Le message délivré par Dr Serigne Guèye Diop aux 250 exposants présents est sans équivoque. Selon le compte-rendu de nos confrères de Le Quotidien, l’objectif est de transformer la présence commerciale étrangère en véritable tissu industriel local. L’autorité ministérielle a explicitement invité les entreprises, qu’elles proviennent de Turquie, d’Allemagne, du Maroc ou de France, à franchir le pas de l’implantation physique sur le sol sénégalais. Il ne s’agit plus de conquérir le marché depuis l’extérieur, mais de s’y installer pour produire.

Pour convaincre ces acteurs économiques de délocaliser leur production, la tutelle met en avant des leviers structurels précis. Le premier argument repose sur la baisse programmée des coûts de production. Avec l’exploitation des ressources pétrolières et gazières, le Sénégal promet une énergie plus abordable, facteur décisif pour la compétitivité industrielle. À cela s’ajoute la stabilité politique, présentée comme une garantie pour la sécurisation des capitaux sur le long terme.

Au-delà du marché national, c’est l’accès à une échelle continentale qui est proposé aux futurs industriels. Le ministre a insisté sur la position géographique du Sénégal comme porte d’entrée vers l’UEMOA et la CEDEAO, représentant un bassin de près de 425 millions de consommateurs. L’argumentaire culmine avec la perspective de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), qui ouvrira, d’ici deux ans, l’accès à 1,2 milliard d’habitants. L’investissement au Sénégal devient ainsi une tête de pont pour toucher l’ensemble du marché africain.

Cette volonté de transformation s’accompagne de mesures administratives concrètes. Un nouveau Code des investissements est en cours d’élaboration pour offrir davantage de facilités, tandis que la question foncière est adressée via l’aménagement de 30 zones agro-industrielles et 10 zones globales. Cette approche proactive se traduira également par une offensive diplomatique et économique : le ministre a annoncé une tournée de « marketing territorial » dans une dizaine de pays cette année, afin de présenter ces opportunités et d’observer les modèles de facilitation des investissements les plus performants à l’étranger.

Votre avis sera publié et visible par des milliers de lecteurs. Veuillez l’exprimer dans un langage respectueux.

Laisser un commentaire