Assortie d’une revalorisation de 10 000 F Cfa, la procédure éliminatoire que la Dgpsn impose pour relancer les paiements après deux ans d’arrêt

L’attente a été longue et financièrement éprouvante pour des milliers de foyers sénégalais. Alors que les allocations de sécurité familiale étaient gelées, la reprise annoncée s’accompagne d’une refonte totale du système de distribution. Si l’enveloppe allouée aux bénéficiaires connaît une hausse significative, l’accès à ces fonds n’est plus automatique et dépend désormais d’un processus de validation rigoureux qui inquiète les acteurs de terrain.

Après deux années de suspension des versements, la Délégation générale à la protection sociale et à la solidarité nationale (Dgpsn) réactive la machine, mais change les règles du jeu. Selon les informations rapportées par nos confrères de Le Quotidien, il ne s’agit pas d’une simple reprise des virements, mais d’une opération complexe de « recertification ». L’objectif affiché est clair : actualiser le Registre national unique (Rnu) pour expurger les listes des ménages dont la situation financière s’est améliorée et y intégrer ceux qui ont basculé dans l’extrême précarité.

Une revalorisation conditionnée par un audit des foyers

Pour les familles qui franchiront cette étape de vérification, la nouvelle est bonne sur le plan comptable. Le montant de la bourse de sécurité familiale a été revu à la hausse, passant de 25 000 à 35 000 F Cfa par trimestre. Cette augmentation vise à renforcer l’impact social de l’aide face au coût de la vie. Cependant, cette revalorisation est indissociable du processus d’assainissement du fichier. La Dgpsn entend garantir que chaque franc dépensé profite exclusivement aux ménages réellement vulnérables, corrigeant ainsi les anomalies d’inclusion accumulées par le passé.

Les craintes d’une exclusion administrative

Sur le terrain, l’enthousiasme est tempéré par l’inquiétude. Lors d’un atelier réunissant la société civile, les délégués de quartier et les chefs de village, des voix se sont élevées pour alerter sur les risques de cette procédure. Les acteurs communautaires redoutent que les lourdeurs administratives ou le manque d’information ne conduisent à la radiation injustifiée de familles pourtant nécessiteuses.

Les délégués ont souligné que l’interruption des paiements pendant deux ans, combinée à un déficit de communication, a déjà fragilisé le lien de confiance. « Les bourses ont permis de résoudre des crises majeures dans les foyers », ont-ils rappelé, craignant qu’une procédure de radiation trop expéditive ne crée des tensions sociales dans les quartiers.

Vers un ciblage affiné

Face à ces préoccupations, les autorités assurent vouloir privilégier la transparence. La révision du Rnu doit permettre d’éviter aussi bien les erreurs d’inclusion (des non-ayants droit qui perçoivent l’aide) que les erreurs d’exclusion. Les recommandations formulées lors des échanges avec la Dgpsn insistent sur la nécessité d’une approche progressive, incluant des voies de recours claires pour les familles qui s’estimeraient lésées par ce nouveau filtrage.

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