Le secteur extractif sénégalais poursuit sa structuration autour des normes internationales de transparence et de durabilité. Au terme d’une évaluation indépendante portant sur ses pratiques environnementales et sociales, un acteur majeur de l’exploitation des sables minéralisés vient de franchir un palier significatif. Cette validation, officialisée jeudi 5 février, constitue une première à l’échelle de la sous-région ouest-africaine.
Eramet Grande Côte (EGC) a obtenu le niveau de performance IRMA 50, devenant ainsi la première mine en Afrique de l’Ouest à atteindre ce standard. Selon les informations relayées par Sud Quotidien, cette distinction intervient à la suite du premier audit externe de la filiale du groupe Eramet. Le référentiel IRMA (Initiative for Responsible Mining Assurance) est reconnu dans l’industrie comme l’un des cadres d’évaluation les plus stricts, impliquant une gouvernance multipartite réunissant ONG, syndicats, investisseurs et communautés locales.
Pour Frédéric Zanklan, directeur général d’Eramet Grande Côte, ce résultat dépasse le simple cadre de l’entreprise. Il s’inscrit, selon lui, dans la vision étatique faisant du secteur minier un levier de souveraineté économique. « À travers cet audit exigeant, nous réaffirmons notre engagement à renforcer en continu nos pratiques et inscrire nos opérations dans une dynamique de création de valeur à long terme », a-t-il déclaré lors de la présentation des résultats.
L’audit ne s’est pas limité à la certification ; il a également mis en lumière des axes de progression spécifiques. Le rapport recommande à la société minière d’accélérer son mécanisme de gestion des plaintes et d’assurer un suivi plus rigoureux de l’efficacité des mesures correctives. Le renforcement du dialogue avec les communautés riveraines figure aussi parmi les priorités identifiées pour maintenir ce niveau de conformité.
Présent lors de cette annonce, Thialy Faye, président du comité national de l’ITIE (Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives), a salué la complémentarité entre les standards IRMA et ceux de l’ITIE. Il a souligné l’importance de cette lecture opérationnelle des performances environnementales et sociales, basée sur des critères mesurables. « Nous lançons un appel à toutes les autres entreprises à se soumettre à ces standards », a-t-il insisté, rappelant le caractère volontaire de cette démarche de transparence.