Après la lettre de Trump sur le barrage de la Renaissance, la visite de haut rang accueillie par Abiy Ahmed en Éthiopie

C’est une séquence diplomatique et militaire dense qui s’est jouée ce mercredi à Addis-Abeba. Alors que l’Éthiopie marquait le 90e anniversaire de son armée de l’air, le Premier ministre Abiy Ahmed a ouvert les portes de son palais à une délégation américaine de premier plan. Une rencontre placée sous le signe du renforcement sécuritaire, mais qui intervient dans un contexte régional particulier, marqué par une récente initiative de Washington concernant les eaux du Nil.

La capitale éthiopienne a vu converger des responsables de haut niveau pour des échanges qualifiés de « constructifs » par l’exécutif local. Le Premier ministre a reçu Christopher Landau, secrétaire d’État adjoint américain, accompagné du général Dagvin Anderson, commandant de l’US Africa Command (AFRICOM). Selon les éléments relayés par l’agence Anadolu, ces discussions ont permis de poser les bases d’une coopération bilatérale accrue, fondée sur le « respect mutuel ».

L’agenda de la délégation américaine ne s’est pas limité à la primature. Des séances de travail distinctes ont été organisées avec Aisha Mohammed, ministre de la Défense, et Gedion Timotheos, ministre des Affaires étrangères. L’objectif affiché par le ministère éthiopien de la Défense est clair : collaborer pour la protection des intérêts nationaux respectifs et faire front commun contre les défis sécuritaires, la lutte contre le terrorisme figurant en tête des priorités.

Le général Anderson a profité de sa présence aux célébrations de l’armée de l’air pour réaffirmer la solidité des liens historiques entre les deux nations, évoquant l’établissement d’un cadre pour une future coopération sécuritaire dans la Corne de l’Afrique.

Cependant, cette visite prend une résonance particulière au regard de l’actualité diplomatique récente. Elle survient peu après l’envoi d’une correspondance par Donald Trump, datée du 16 janvier, au président égyptien Abdel Fattah el-Sissi. Dans cette lettre, également partagée avec d’autres dirigeants de la région, Washington propose de relancer les discussions autour du grand barrage de la Renaissance éthiopienne (GERD). Ce projet hydroélectrique, le plus grand d’Afrique, reste au cœur de tensions persistantes sur le partage des eaux du Nil, un dossier sur lequel les États-Unis semblent vouloir reprendre un rôle de médiateur actif.

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