Le cabinet de sécurité israélien a approuvé une série de nouvelles directives visant à consolider l’emprise de l’État hébreu sur la Cisjordanie occupée. Cette décision, prise quelques jours avant une échéance diplomatique majeure à Washington, modifie en profondeur les mécanismes de gestion foncière et administrative dans ce territoire, provoquant une vive réaction des autorités palestiniennes et de la diplomatie jordanienne.
Selon les informations relayées par notre confrère Al Jazeera, ces nouvelles règles ont été validées dimanche et visent officiellement à renforcer le contrôle israélien sur la zone. Le moment choisi pour cette annonce n’est pas anodin, puisqu’elle intervient trois jours seulement avant la rencontre prévue entre le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le président américain Donald Trump à Washington.
La fin d’une restriction historique sur le foncier
Le cœur de cette réforme réside dans la modification des règles d’acquisition des terres. D’après les médias israéliens Ynet et Haaretz, cités par la chaîne qatarie, les mesures incluent la suppression des obstacles réglementaires qui empêchaient jusqu’à présent les particuliers juifs d’acheter des terres en Cisjordanie occupée. Cette levée de verrou permet désormais une acquisition directe par des acteurs privés, facilitant l’expansion des colonies sans passer nécessairement par les canaux étatiques traditionnels.
Outre le volet foncier, le plan attribue aux autorités israéliennes la gestion directe de certains sites religieux et accroît leurs pouvoirs de supervision et d’application de la loi dans des zones théoriquement administrées par l’Autorité palestinienne (AP). La Cisjordanie, territoire que les Palestiniens revendiquent pour leur futur État avec Gaza et Jérusalem-Est, reste majoritairement sous contrôle militaire israélien, l’autonomie palestinienne y étant limitée à des îlots spécifiques.
Un objectif politique assumé
L’intention derrière ces changements juridiques a été explicitée par le bureau du ministre des Finances israélien, Bezalel Smotrich, figure de l’extrême droite au sein du gouvernement. Dans une déclaration, ses services ont affirmé : « Nous continuerons à enterrer l’idée d’un État palestinien ». Cette position confirme la volonté de rendre irréversible la présence israélienne dans les territoires occupés.
Levée de boucliers diplomatique
La présidence palestinienne a immédiatement qualifié cette décision de « dangereuse », y voyant une « tentative israélienne ouverte de légaliser l’expansion des colonies » et la confiscation des terres. Le bureau du président Mahmoud Abbas a sollicité une intervention immédiate des États-Unis et du Conseil de sécurité des Nations unies.
Hussein Al-Sheikh, vice-président palestinien, a souligné que ces mesures unilatérales violaient « tous les accords signés et contraignants » ainsi que le droit international. De son côté, le ministère jordanien des Affaires étrangères a condamné une démarche visant, selon lui, à « imposer une souveraineté israélienne illégale ». Le mouvement Hamas a quant à lui appelé les Palestiniens de Cisjordanie à « intensifier la confrontation » avec l’occupation.