La mise en œuvre des accords diplomatiques se heurte violemment à la réalité du terrain dans la bande de Gaza. Alors que l’administration américaine avait annoncé en janvier le lancement de la « deuxième phase » de l’accord de cessez-le-feu, censée garantir des retraits de troupes et le début de la reconstruction, les armes continuent de dicter leur loi. Ce jeudi, malgré les engagements théoriques, les forces israéliennes ont mené de nouvelles opérations létales ciblant directement des zones habitées et des infrastructures précaires.
Selon les éléments rapportés par l’agence Anadolu, la journée de jeudi a été marquée par la poursuite des hostilités dans plusieurs secteurs clés, notamment à l’est de la ville de Gaza, à Deir al-Balah et à Khan Younis. Des sources médicales sur place confirment qu’un homme a été abattu par des soldats israéliens à proximité du rond-point de Bani Suhaila, situé à l’est de Khan Younis.
L’insécurité touche désormais des lieux considérés comme des refuges de dernier recours. Aya Khader Barbach, une jeune femme de 28 ans, a été blessée par des tirs provenant des forces israéliennes alors qu’elle se trouvait à l’intérieur même de sa tente, près du rond-point d’Abu Hamid, au centre de Khan Younis. Cet incident illustre la précarité absolue des civils, même au sein des campements de fortune.
Ces violences s’inscrivent dans une séquence meurtrière continue. Plus tôt cette semaine, mardi et mercredi, des frappes distinctes à travers l’enclave avaient déjà coûté la vie à 23 Palestiniens. Outre les pertes humaines, les opérations de destruction systématique perdurent : à l’est du quartier d’al-Tuffah, dans la ville de Gaza, l’armée a procédé à la démolition de bâtiments et d’installations, appuyée par des frappes aériennes et des tirs d’artillerie nourris.
Cette persistance des combats contredit les termes de la phase 2 de l’accord, qui prévoyait une désescalade pour permettre la reconstruction d’un territoire dont 90 % des infrastructures ont été anéanties. Selon les estimations des Nations unies, le coût de cette reconstruction s’élève à environ 70 milliards de dollars. Depuis le début de l’offensive en octobre 2023, le bilan humain s’établit à près de 72 000 morts et plus de 171 000 blessés.
Qui pour arrêter cette tuerie? Que le déluge s’abat sur ceux qui se taisent. Il faut continuer à dénoncer c’est le minimum que chacun puisse faire.