«Aliou Cissé doit miser sur les joueurs compétiteurs», par Patrice Bodiang  

L’entraîneur Patrice Bodiang, préparateur physique de footballeurs en Belgique.
« Comme nous l’avons toujours soutenu, les entraîneurs nationaux que ce soit du Sénégal ou d’autres pays africains sont plus que capables ou aussi aptes que les «sorciers  blancs» du football africain, payés très cher sans résultats probant. C’est pourquoi, j’ai défendu la nomination de ce fils du pays à la tête des Lions du Sénégal. Aliou Cissé puisque c’est de lui qu’il s’agit, ancien capitaine de Lions, connu pour son tempérament de compétiteur et sa soif de victoires, a eu le vote de l’ensemble des spécialistes du football y compris du peuple sénégalais dans son ensemble. Outre le fait de le laisser travailler suivant ses compétences, lui-même en tant que sélectionneur doit miser sur des joueurs compétiteurs, capables de performance sur un tournoi, non un championnat. Comme quoi, il a la responsabilité, dans ses choix  footballistiques, de faire gagner l’équipe nationale et de lui rapporter des trophées continentaux d’abord qui manquent cruellement à ce football sénégalais. Néanmoins, l’avenir semble rose avec Aliou Cissé.
La nomination d’Aliou Cissé marque-t-elle la fin de la présence des entraineurs ou sélectionneurs européens au Sénégal ? En tout cas, leur nomination a toujours fait l’objet  de controverses au sein des Sénégalais lambda  et des spécialistes en particulier. Le moins que l’on puisse avancer, Aliou Cissé, ex-capitaine courageux des Lions du Sénégal, succède à Alain Giresse, un grand ouf de soulagement. Loin de soutenir que la Fédération sénégalaise de football n’est pas professionnelle mais une fédération en soi se doit de bien choisir des techniciens aptes à porter haut le football, aux plans continental et mondial, d’autant plus que ce sont ces techniciens désignés qui seront appelés à faire le choix des acteurs du jeu voire des résultats. Avec les Lions de la Teranga, tout le monde ne peut pas dire que le technicien Alain Giresse, l’ex-entraineur de la sélection, choisi par la Fédération sénégalaise de football n’est pas un professionnel, idem pour les joueurs sélectionnés par le coach lors de la dernière Can en Guinée-Equatoriale. Le coach pro a 100%, les joueurs pro en ont aussi 100%. De mon piédestal, en ma qualité d’entraineur, préparateur technico-physique K-Ring académie à Gand en Belgique, le mal du football sénégalais se situe à deux niveaux. D’abord au niveau des techniciens mais également au niveau des footballeurs.  Donc, il est grand temps, si on veut vraiment un jour décrocher des titres dans le continent, voire au niveau mondial, en toute sincérité, d’impliquer les vertiables et principaux acteursde notre football national. Lorsqu’on va défiler à la fête nationale le 4 avril, on le fait avec des militaires, mais quand on va en guerre, on va avec des soldats. C’est parce que les Sénégalais sont les adeptes des amalgames, on confond les phases éliminatoires et les phases finales, comme la CAN et la coupe du monde. Les éliminatoires sont un championnat qui s’étale sur une plus longue durée contrairement aux phases finales qui ne sont qu’un tournoi de courte durée et donc pas un championnat.
La preuve en 2002, l’équipe du Sénégal était composée de 85% de compétiteurs. Parmi les 11 qui démarraient il y a eu des joueurs très forts en qualité et en caractère. Les compétiteurs, Ferdinand Coly, Lamine Diatta, Diallo,  Daff, Aliou Cissé, Pape Bouba Diop, Habib Bèye, Henri Camara, Tony Silva. Cette soupape a permis des pièces maitresses comme Kalilou Fadiga (Excellence) et El Hadji Diouf d’être maitres dans leurs arts. Quand on a une soupape compétitive pareille, lorsqu’on va en guerre et on la gagne. Pourquoi Zidane se régalait tout le temps dans le terrain, parce qu’il y avait Deschamps, Vierra et Claude. Et pourquoi Fadiga et Diouf sont restés maitres dans leurs arts ? Parce qu’il y avait Cisse, Diaw et Pape Bouba Diop. Et si Sadio Mane et Dame Ndoye n’arrivent pas, c’est parce qu’il manque ces compétiteurs de taille dans l’équipe !!!  Le Sénégal ne peut gagner des compétitions sans de véritables compétiteurs. Exemple, qu’est-ce qui a changé dans cette équipe  ivoirienne, Kolo Toure Yaya Toure, Barry Copas, Gervinho, Salamon Kanu, Doumbia… Pourquoi cette fois-ci ça a marché ? C’est vrai que le coach a ramené sa touche et sa graine de chance, mais le plus important, c’est parce qu’ils sont devenus des compétiteurs.
Aliou Cissé,  nouveau coach de l’équipe nationale
La logique des choses me pousse à penser que le choix porté sur Aliou Cissé est le plus judicieux possible pour notre football. C’est le seul, à mon avis,  parmi le candidat qui totalise les critères requis  et qui en sus le mérite pour son parcours dans l’équipe, sa discipline, son esprit combattif et l’amour pour sa patrie. Il a été patient  en acceptant d’apprendre et d’acquérir une connaissance et une expérience sur le terrain. Connaissant sa rage de vaincre, il donnera, à coup sûr, à cette équipe son virus de compétiteur. C’est une évidence. Toutefois, il devrait composer un groupe de compétiteurs à son image, disposés à mouiller véritablement le maillot national. Comme on le dit, le groupe est à l’image de son chef. Aliou Cissé connait les acteurs, il est l’homme de la situation.  Bravo à la FSF, aujourd’hui, l’arrivée de Aliou Cissé, au poste d’entraineurs de l’équipe nationale marque la réhabilitation du football sénégalais et de sa fédération tant décriée après l’échec récent en Guinée-Equatoriale sous la houlette d’un coach européen, Alain Giresse ».
Patrice Bodiang
Entraîneur privé
Préparateur technico-physique :
Mohamet Adama  Sarr- Sénégal,
Daniel Cousin-Gabon
Henry Munianeza -Rwanda
Norman Sylla- Guinée
Elimane Coulibaly-Sénégal
K-Ring Académie de Gand
Belgique
1 COMMENTAIRE
  • ousmane BA

    il n’aura pas la tâche facile l’essentiel est de sélectionner les meilleurs joueurs sans compter ds ethnie

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