Les répercussions de l’affaire Jeffrey Epstein connaissent un nouveau tournant judiciaire aux États-Unis. Alors que des millions de documents viennent d’être rendus publics par le département de la Justice, une décision inattendue vient de tomber dans l’État du Nouveau-Mexique, quelques heures seulement après une interpellation très médiatisée en Europe.
Le dossier, que beaucoup pensaient clos depuis la mort du financier en détention, vient d’être rouvert par le procureur général Raul Torrez. Cette relance des investigations s’appuie sur un volume massif de données : plus de trois millions et demi de fichiers gouvernementaux liés à l’affaire ont été mis en ligne le 30 janvier dernier, en réponse à une obligation légale de transparence. Selon nos informations, basées sur des éléments rapportés par Al Jazeera, ce sont ces nouvelles pièces qui ont motivé la justice locale à reprendre ses travaux.
L’enquête se concentre spécifiquement sur le « Zorro Ranch », une vaste propriété située près de la ville de Stanley. Ce site avait déjà fait l’objet d’une procédure par le passé, mais celle-ci avait été interrompue en 2019 à la demande expresse des procureurs fédéraux de New York, l’année même où Jeffrey Epstein avait été arrêté pour trafic sexuel de mineurs avant d’être retrouvé mort dans sa cellule de Manhattan.
Une arrestation à Londres comme catalyseur
La décision du procureur Torrez intervient dans une séquence temporelle particulière. L’annonce a été faite quelques heures après l’arrestation d’Andrew Mountbatten-Windsor, identifié comme un ancien prince de la famille royale britannique. Ce dernier est soupçonné de faute grave dans l’exercice de fonctions publiques. L’interpellation serait liée à des allégations selon lesquelles il aurait transmis des documents gouvernementaux confidentiels à Jeffrey Epstein.
Cette arrestation a immédiatement relancé le débat sur l’impunité aux États-Unis. Si le scandale a provoqué des démissions de haut rang au sein du gouvernement britannique, les critiques soulignent l’absence de bouleversements similaires dans l’appareil d’État américain, malgré la publication des dossiers. L’interpellation d’Andrew Mountbatten-Windsor a ainsi intensifié les appels à la responsabilité concernant les complices potentiels d’Epstein sur le sol américain.
Une commission vérité pour faire la lumière
Au niveau local, la pression s’accentue pour comprendre les connexions du financier avec le Nouveau-Mexique. Une commission spéciale, composée de quatre représentants de l’État, a tenu sa première réunion cette semaine. Sa mission est double : enquêter sur les allégations d’abus sexuels et de trafic qui auraient eu lieu au Zorro Ranch, et comprendre pourquoi Epstein n’a jamais été enregistré comme délinquant sexuel dans cet État, malgré sa condamnation en Floride en 2008.
Le bureau du procureur général a assuré qu’il collaborerait étroitement avec cette commission et chercherait à obtenir l’accès à l’intégralité des dossiers fédéraux non censurés. « Comme pour toute affaire pénale potentielle, nous suivrons les faits où qu’ils mènent », a déclaré le bureau de Raul Torrez, promettant de collecter et de préserver toutes les preuves encore disponibles concernant cette propriété de près de 2 500 mètres carrés, vendue par la succession Epstein en 2023.