Affaire Epstein : La justice américaine rend publics 5 532 échanges impliquant directement la patronne du groupe Edmond de Rothschild

La liste des personnalités liées au dossier Jeffrey Epstein continue de s’allonger, mais l’ampleur des correspondances dévoilées cette semaine par les autorités américaines marque une nouvelle étape. Le ministère de la Justice des États-Unis a rendu public un volume massif d’échanges électroniques concernant Ariane de Rothschild, actuelle directrice générale du groupe franco-suisse Edmond de Rothschild. Ces documents mettent en lumière la nature précise des relations entretenues entre la banquière et le défunt délinquant sexuel sur une période de trois ans.

Selon les éléments rapportés par l’agence Anadolu, qui cite une analyse effectuée par la cellule investigation de Radio France sur la base des documents de Franceinfo, ce sont exactement 5 532 emails qui ont été échangés entre la dirigeante et Jeffrey Epstein. Ces communications, datées principalement de 2013 à 2016, décrivent une relation suivie, ponctuée de rencontres physiques à Paris et à New York.

**Une proximité d’ordre privé et professionnel**

L’analyse du contenu de ces milliers de courriels révèle une tonalité décrite comme une « relation amicale très proche ». Loin de se cantonner à des échanges purement formels, les discussions abordaient des sujets personnels. Ariane de Rothschild y évoquait notamment ses « problèmes conjugaux et familiaux » ainsi que sa prise de fonction à la tête du groupe Edmond de Rothschild en 2015. Des invitations pour des destinations de vacances figurent également dans ces correspondances.

Les documents précisent l’origine de cette connexion : les deux protagonistes ont été présentés en 2013 par le diplomate norvégien Terje Roed-Larsen. Ce dernier est par ailleurs cité dans le dossier pour des faits présumés de complicité de corruption aggravée.

**La position du groupe bancaire**

Face à ces révélations, le groupe Edmond de Rothschild a tenu à clarifier la situation. Si la banque confirme qu’Ariane de Rothschild s’est rendue une seule fois sur l’île privée de Little Saint James, dans les Caraïbes, pour un repas, elle assure qu’aucun message « tendancieux ou illégal » n’a été détecté dans la masse des emails analysés.

Dans une déclaration transmise aux médias, l’institution précise que sa dirigeante « a pris connaissance des crimes de Jeffrey Epstein en 2019, après son arrestation à New York, et que leur relation a immédiatement cessé ». La banquière a par ailleurs exprimé sa consternation et sa compassion envers les victimes. À ce stade, aucune procédure judiciaire directe ne vise Ariane de Rothschild concernant ces échanges, bien que la publication de ces archives relance les interrogations des parties civiles sur l’exhaustivité des réseaux mis au jour.

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