La teneur exacte des échanges entre les dirigeants nord-américains fait l’objet de versions contradictoires entre Ottawa et Washington. Alors que l’administration américaine laissait entendre un revirement de position du Canada suite à des déclarations tenues en Suisse, le chef du gouvernement canadien a tenu à rétablir la précision de ses propos tenus lors d’un échange téléphonique avec le président des États-Unis.
Le Premier ministre canadien, Mark Carney, a fermement démenti mardi avoir édulcoré sa position face à Donald Trump concernant ses récentes déclarations au Forum économique mondial de Davos. Cette mise au point intervient en réaction aux affirmations du secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, qui soutenait que le dirigeant canadien avait « vigoureusement » renié certains passages critiques de son discours lors d’un appel avec le locataire de la Maison Blanche.
S’exprimant depuis Ottawa avant la réunion hebdomadaire du Cabinet fédéral, Mark Carney a opposé un démenti formel à cette interprétation. Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, il a déclaré aux journalistes : « Pour être tout à fait clair, et je l’ai dit au président, je maintenais ce que j’ai dit à Davos. C’était clair ». Le discours en question, prononcé en Suisse, mettait en garde contre l’érosion de l’ordre international et encourageait les puissances moyennes à diversifier leurs partenaires commerciaux pour réduire leur dépendance, une position perçue comme une critique du protectionnisme américain.
Concernant le contenu de l’appel, initié par Donald Trump, le Premier ministre canadien a précisé que la discussion a couvert un large éventail de sujets géopolitiques, incluant la situation en Ukraine, au Venezuela et la sécurité dans l’Arctique. Loin de reculer sur sa stratégie commerciale, M. Carney affirme avoir exposé en détail les nouvelles orientations du Canada. Il a notamment mis en avant la conclusion de douze nouveaux accords sur quatre continents en l’espace de six mois, y compris une entente avec la Chine.
Cette stratégie de diversification semble avoir été reçue avec intérêt par le président américain, Mark Carney notant que son interlocuteur s’est montré « impressionné » par ces initiatives ainsi que par les perspectives d’évolution de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM). Cet échange survient dans un contexte bilatéral tendu, marqué par l’imposition de droits de douane américains et une suspension temporaire des négociations commerciales.