Le président de la République algérienne, Abdelmadjid Tebboune, s’est exprimé samedi soir lors d’une entrevue diffusée par la Télévision publique. Au cœur de cette intervention médiatique, le chef de l’État est revenu sur les tensions diplomatiques et économiques qui marquent les relations de son pays avec certains partenaires occidentaux. Si le nom de la France n’a pas été systématiquement prononcé, les allusions directes aux blocages au sein de l’Union européenne et à la gestion des dossiers migratoires ont clairement désigné la cible des critiques présidentielles.
L’accusation porte sur une entrave spécifique au sein des instances européennes. Selon nos informations relayées par l’agence Anadolu, Abdelmadjid Tebboune a dénoncé l’existence d’un « consensus » favorable à l’Algérie pour la renégociation de l’accord d’association avec l’Union européenne, consensus brisé par un seul État membre. « En réalité, il y a un consensus, moins un », a souligné le président, pointant du doigt une volonté délibérée de nuire aux intérêts économiques d’Alger.
Cette posture a été qualifiée de « guerre » économique par le dirigeant algérien. Pour illustrer ce blocage, il a cité l’exemple des exportations de rond à béton. Alors que l’Algérie dispose de capacités d’exportation vers l’Europe, les quotas trimestriels attribués par l’UE sont épuisés en moins de deux semaines. Une situation jugée anormale par Alger, d’autant que 85 % des importations algériennes proviennent du vieux continent. Le chef de l’État a déploré que « certains pays incitent à la haine contre l’Algérie », contrastant cette attitude avec les bonnes relations entretenues avec l’Italie, l’Espagne ou l’Allemagne.
Le dossier sensible des Obligations de quitter le territoire français (OQTF) a également été abordé avec fermeté. Abdelmadjid Tebboune a rejeté l’approche prônée par certaines figures politiques françaises, faisant allusion au ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau. Il a rappelé que l’Algérie a refusé les procédures expéditives visant à renvoyer des ressortissants sans respect des protocoles. « Ces Algériens ont des droits. Ils vivent en France depuis 10 à 15 ans », a-t-il insisté, précisant que tout retour doit être précédé d’une validation consulaire stricte et non d’une expulsion unilatérale.
Malgré ces tensions, le président algérien a tenu à distinguer les acteurs politiques. Il a salué la récente visite de Ségolène Royal, présidente de l’Association France-Algérie, louant son « courage » et son « honnêteté intellectuelle ». Concernant une éventuelle visite du ministre français de l’Intérieur, Laurent Nuñez, Abdelmadjid Tebboune a simplement indiqué qu’il était le bienvenu, tout en affirmant que « celui qui veut humilier ou ridiculiser l’Algérie n’est pas encore né ».