À quelques heures de l’ouverture de Davos, le chiffre vertigineux révélé par Oxfam sur la concentration des richesses mondiales

Alors que l’élite mondiale converge vers la Suisse pour le Forum économique mondial, la publication du rapport annuel d’Oxfam vient percuter l’agenda officiel de Davos. L’organisation humanitaire dresse un tableau sombre de l’économie globale, mettant en exergue une accélération inédite de l’accumulation des capitaux au sommet de la pyramide sociale, doublée d’une mainmise croissante sur les leviers d’influence.

Le constat chiffré est sans appel. Selon les données relayées par nos confrères d’Al Jazeera, la richesse cumulée des milliardaires a bondi de 2 500 milliards de dollars au cours de l’année 2025. Cette somme colossale équivaut désormais à la richesse totale détenue par la moitié la plus pauvre de l’humanité, soit environ 4,1 milliards de personnes. Pour la première fois de l’histoire, le monde compte plus de 3 000 milliardaires, et la fortune de l’homme le plus riche de la planète, Elon Musk, a franchi la barre du demi-billion de dollars.

Une influence médiatique et politique tentaculaire

Au-delà des simples actifs financiers, Oxfam s’inquiète du contrôle exercé par ces ultra-riches sur les canaux d’information. Alors que le thème de Davos cette année est « Un esprit de dialogue », le rapport souligne la propriété de grands médias par des milliardaires : Jeff Bezos avec le Washington Post, Elon Musk avec le réseau social X, ou encore Vincent Bolloré, propriétaire de CNews en France. Amitabh Behar, directeur exécutif d’Oxfam International, estime que cette influence démesurée sur les médias et les politiques « a creusé les inégalités et nous a éloignés de la lutte contre la pauvreté ».

Le rapport met également en lumière une disparité flagrante dans l’accès aux responsabilités : un milliardaire a 4 000 fois plus de chances d’occuper une fonction politique qu’un citoyen ordinaire. Une enquête citée par l’ONG révèle que dans 66 pays, près de la moitié des sondés considèrent que les riches « achètent » souvent les élections.

Contexte de tensions et crise humanitaire

Cette concentration de pouvoir intervient dans un climat social tendu. L’année dernière, 142 mouvements de contestation significatifs ont été recensés dans 68 pays, souvent réprimés par la force. Parallèlement à son plaidoyer économique, Oxfam rappelle sa vocation d’aide humanitaire, notamment dans la bande de Gaza. L’organisation, qui a alerté à plusieurs reprises sur la famine forcée dans le territoire, fait partie des 37 groupes d’aide internationale bannis de l’enclave palestinienne par Israël à la fin de l’année dernière.

Le sommet de Davos, qui accueille cette semaine près de 850 PDG et des dirigeants politiques tels que le président américain Donald Trump, s’ouvre donc sous le signe d’une fracture sociale mondiale que les chiffres d’Oxfam rendent difficile à ignorer.

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