Dans un contexte sécuritaire particulièrement volatile, le ministre de l’Intérieur du Yémen, Ibrahim Haydan, a adressé ce dimanche une mise en garde ferme aux responsables militaires et de sécurité basés à Aden, la capitale provisoire du pays. Cette directive vise à interdire strictement toute distribution ou transfert d’armes sans une autorisation officielle émanant des autorités étatiques compétentes.
Dans une note écrite relayée par les canaux officiels du ministère, Ibrahim Haydan a exhorté les forces de l’ordre à se conformer scrupuleusement aux instructions du président du Conseil présidentiel, Rachad al-Alimi. L’ordre est clair : aucun transfert d’armement ne doit être effectué depuis Aden vers d’autres provinces sans l’aval explicite de l’État. Le ministre a insisté sur la nécessité impérieuse de maintenir l’arsenal militaire sous le contrôle exclusif des institutions officielles, soulignant que tout mouvement, stockage ou vente d’armes en dehors des circuits légaux constitue une menace directe pour la stabilité et la paix sociale.
Pour faire respecter cette mesure, les unités militaires et de sécurité ont reçu l’ordre d’identifier et de saisir immédiatement tout armement circulant illégalement, afin de le remettre aux institutions habilitées. Le ministère a également appelé les citoyens à coopérer avec les forces de sécurité pour préserver l’ordre public et l’état de droit. Le communiqué précise que toute violation de ces directives exposera les contrevenants à des poursuites judiciaires rigoureuses.
Cette décision intervient alors que le Yémen traverse une nouvelle phase de tensions. Depuis mardi, une escalade a été observée avec la prise de contrôle par les forces du Conseil de transition du Sud (CTS) des provinces stratégiques du Hadramaout et d’Al-Mahra, frontalières de l’Arabie saoudite. Tandis que Riyad accuse les Émirats arabes unis d’encourager les opérations militaires du CTS dans ces zones, le groupe sécessionniste justifie ses actions par la marginalisation politique et économique du Sud, une position fermement rejetée par les autorités yéménites attachées à l’unité nationale.