Viser ce territoire arctique avec le programme « Golden Dome » exposerait les États-Unis à une réponse technique immédiate de la Russie

Alors que le dernier pacte majeur de contrôle des armes nucléaires entre Washington et Moscou arrive à échéance cette semaine, une nouvelle ligne de fracture diplomatique s’ouvre dans le Grand Nord. Le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergey Ryabkov, a averti mardi que le déploiement d’un dispositif de défense américain spécifique dans une zone arctique convoitée entraînerait inévitablement une riposte opérationnelle de la part du Kremlin.

**Une ligne rouge tracée sur la glace**

C’est depuis l’ambassade de Russie en Chine que Sergey Ryabkov a précisé la nature de cette mise en garde. Selon les informations relayées par Al Jazeera, Moscou se dit prêt à adopter des « mesures compensatoires militaires et techniques » si les États-Unis concrétisent leur projet d’installer des éléments de leur programme de défense antimissile, baptisé « Golden Dome », sur le territoire du Groenland.

Pour le diplomate russe, l’équation est sans équivoque : « Si les Américains choisissent d’envoyer certains systèmes d’armes dans la région ou de déployer certains éléments de leur concept Golden Dome au Groenland, cela créera une situation nécessitant des mesures compensatoires ». Il a ajouté que les spécialistes russes se tenaient « tout à fait prêts » à exécuter ces contre-mesures.

**Le projet « Golden Dome » et les ambitions arctiques**

Cette déclaration intervient dans le sillage des propos tenus le mois dernier par le président Donald Trump. Ce dernier avait évoqué des discussions concernant ce bouclier antimissile multicouche, dont l’achèvement est prévu pour la fin de son mandat en 2029, en lien direct avec le territoire autonome danois.

Le président américain, qui a manifesté à plusieurs reprises son intérêt stratégique pour l’acquisition du Groenland, a affirmé avoir trouvé un accord sur le « cadre d’un futur pacte » avec le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte. Ce positionnement américain dans l’Arctique est perçu par Moscou comme une menace directe nécessitant une réponse symétrique.

**Fin de partie pour le traité New START**

Ce regain de tension sur le dossier groenlandais survient à un moment critique pour la sécurité mondiale. Le traité New START, dernier rempart limitant les arsenaux nucléaires des deux superpuissances, doit expirer ce jeudi. Moscou avait proposé de prolonger le respect des limites du traité pour une année supplémentaire, une offre restée sans réponse de la part de Washington.

« L’absence de réponse est aussi une réponse », a tranché Sergey Ryabkov, indiquant que la Russie n’enverrait plus de communications à ce sujet. Si le Kremlin assure ne pas vouloir s’engager dans une nouvelle course aux armements après l’expiration du texte, le porte-parole Dmitry Peskov a néanmoins prévenu que le monde s’apprêtait à entrer dans une phase « plus dangereuse qu’elle ne l’a jamais été », les deux plus grandes puissances nucléaires se retrouvant sans document fondamental pour encadrer leurs capacités stratégiques.

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