Violences à l’Ucad : L’impunité n’est-elle pas la graine du mal ?

Comme dans la série à succès 24 heures chrono, les épisodes se suivent et se ressemblent. Le scénario change à peine.
Les visages changent. Les régimes changent aussi Mais la synoptique demeure : tensions universitaires, intervention des forces de l’ordre, violences, blessés… et parfois morts d’hommes.

À l’Université Cheikh Anta Diop, temple du savoir et creuset de l’élite sénégalaise, le maintien de l’ordre semble trop souvent rimer avec brutalité. Et une question lancinante s’impose : a-t-on besoin de blesser gravement, de tuer pour maintenir l’ordre public ?
Nous n’accusons ni ne défendons la police ou la gendarmerie. Mais nous refusons de détourner le regard.

Une promesse trahie ?

Qui aurait imaginé qu’avec le régime porté par PASTEF, des étudiants ou des citoyens sénégalais continueraient de perdre la vie lors d’opérations dites de maintien de l’ordre ?

Dans le programme de Monsieur Bassirou Diomaye Faye, devenu président, l’engagement était clair :
• combattre les violences policières ;
• élucider systématiquement les cas de bavures ;
• faire toute la lumière lorsqu’il y a mort d’homme.

Le peuple a voté avec l’espoir d’une rupture. Une rupture avec l’impunité. Une rupture avec la banalisation du sang versé.
Presque deux (2) ans après l’élection, l’attente est toujours là, lourde, silencieuse et inquiétante.

L’impunité : le permis de tuer ?

À chaque régime, son lot de morts.
À chaque drame, son lot d’indignation.
Puis le silence.

Aucun coupable clairement identifié.
Aucune sanction exemplaire.
Des enquêtes qui s’enlisent.

L’absence de sanction devient un signal. Et ce signal peut être interprété comme un permis de tuer.

Dans d’autres pays, des manifestations d’une intensité extrême ont eu lieu. En France, lors du mouvement des Gilets jaunes, les affrontements ont été d’une rare violence. Des semaines de chaos, de vitrines brisées, de forces de l’ordre sous pression constante.
Pourtant, aucun manifestant n’a perdu la vie du fait des forces de l’ordre.

Pourquoi ?

Parce que les policiers français savent que la moindre bavure entraîne des conséquences judiciaires lourdes. La force est encadrée, proportionnée et surveillée.
La responsabilité de l’État est donc pleine et entière. Quel que soit le régime en place.

Une paix sans justice est une illusion :

Nous le répétons dans nos différents articles :
il n’y a pas de paix durable sans justice véritable.
Construire une paix sur des fondations d’injustice, c’est bâtir sur du sable mouvant.

Comment parler de réconciliation si les soupçons de crimes économiques restent sans suites ?
Comment parler d’unité si les crimes de sang demeurent impunis ?

Le combat pour lequel une majorité de Sénégalais – au moins 54 % – a porté Monsieur Bassirou Diomaye Faye à la magistrature suprême reposait sur deux exigences fondamentales :
• La reddition des comptes : récupérer l’argent public détourné.
• La justice pour les crimes de sang : traquer, juger et sanctionner les responsables.

L’économie peut progresser. Les routes peuvent être construites. Les immeubles peuvent s’élever.
Mais si l’impunité prospère, alors l’essentiel aura été manqué.

Le nœud gordien : la réforme de la justice :

Tous les régimes ont promis de réformer la justice.
Des assises ont été organisées.
Des rapports ont été rédigés.
Des conclusions ont été rangées dans des tiroirs.
Le système judiciaire reste le nœud du problème. Tant qu’il ne sera pas profondément réformé, la répétition des drames continuera.

Repenser la formation des forces de l’ordre:

Nos policiers et nos gendarmes sont nos frères et sœurs.
Ils vivent dans nos quartiers.
Ils partagent nos difficultés quotidiennes.
Mais sur le terrain, un fossé semble apparaître. Comme s’ils devenaient étrangers à leur propre peuple.
Ce décalage pose une question fondamentale : la formation est-elle adaptée ?
Le maintien de l’ordre ne doit pas être une démonstration de force, mais un exercice de responsabilité.
Il doit intégrer :
• la gestion non violente des foules ;
• la désescalade des tensions ;
• le respect absolu de la dignité humaine ;
• une responsabilisation claire en cas d’abus.
Ce n’est pas contre les forces de défense et de sécurité que nous parlons.
C’est pour leur honneur.
Et pour la cohésion nationale.

Avant qu’il ne soit trop tard :

Nos jeunes frères ne doivent pas risquer la mort dans les amphithéâtres ou dans les campus, alors qu’ils poursuivent un savoir qui ne leur garantit

Signé : Oeil de Cheikh

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2 commentaires

  1. Merci de corriger le titre: Violences à l’UCAD : L’impunité n’est-elle pas la graine du mal ?
    Vous avez oublié « elle »; ce qui peut changer le sens de la question

    De plus vous n’avez pas publié l’intégralité du texte
    Voici la suite la suite pour les lecteurs:

    « …. Avant qu’il ne soit trop tard :

    Nos jeunes frères ne doivent pas risquer la mort dans les amphithéâtres ou dans les campus, alors qu’ils poursuivent un savoir qui ne leur garantit déjà ni emploi ni avenir stable.

    Le Sénégal ne mérite pas de pleurer chaque année ses fils appelés à construire son futur.

    Monsieur le Président, vous avez été élu parce que des hommes ont versé leur sang.
    Parce que des femmes ont pleuré leurs enfants.
    Parce qu’un peuple a cru en une rupture réelle.
    Il est temps de rappeler les promesses, orales et écrites.
    Il est temps d’agir.

    Notre position est claire :

    Oui à une paix solide, fondée sur une justice équitable.
    Oui à un Sénégal souverain, juste et prospère.
    Non à une violence d’État illégitime.

    La paix ne se décrète pas.
    Elle se construit.
    Et elle ne tient debout que lorsqu’elle repose sur la JUSTICE.

    RAPPEL AUX PATRIOTES (ceux qui aiment le Sénégal ) : Quand nos convictions sont le fondement de notre engagement, nous n’avons pas le droit de nous taire.

    Le combat continue. Pour la dignité. Pour la vérité. Pour le Sénégal.

    Signé : Œil de Cheikh
    facebook.com/oeil.de.cheikh

    Cordialement

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