Venezuela : L’ingérence à l’odeur du pétrole ! (Par Horizon sans Frontières)

Sous le discours vertueux sur la démocratie et les droits humains, une autre réalité se dessine : celle d’une politique de prédation assumée Au Venezuela, Donald Trump ravive la loi du plus fort, où l’ingérence se justifie par la force et où le pétrole attise toutes les convoitises. Une dérive dangereuse qui menace non seulement la souveraineté vénézuélienne, mais l’équilibre même de l’ordre mondial.

L’intervention de Donald Trump dans la crise vénézuélienne n’est ni innocente ni désintéressée. Derrière les discours creux sur la démocratie et la liberté se cache une réalité brutale : la résurgence d’une politique impériale fondée sur la force, l’intimidation et la prédation des ressources naturelles. Le Venezuela, riche de l’une des plus grandes réserves de pétrole au monde, devient une cible stratégique dans une logique de domination qui rappelle les heures sombres du Far West, où la loi du plus fort faisait office de droit international.

Sous couvert de sauver un peuple, Trump s’autorise à piétiner la souveraineté d’un État, à menacer ouvertement ses dirigeants et à asphyxier sa population par des sanctions économiques dévastatrices. Cette posture agressive ne relève pas d’une diplomatie responsable, mais d’un autoritarisme assumé, où la puissance militaire et économique des États-Unis est utilisée comme un instrument de chantage politique.

Il faut avoir le courage de nommer les choses : le pétrole est au cœur de cette offensive. Le Venezuela dérange non pas parce qu’il serait un danger pour la démocratie mondiale, mais parce qu’il contrôle une richesse stratégique majeure et refuse de se soumettre aux intérêts géopolitiques américains. L’histoire se répète. De l’Irak à la Libye, chaque fois qu’un pays riche en ressources ose défier l’ordre imposé, il devient subitement un « problème international ».

Cette stratégie est dangereuse à plus d’un titre. En attisant les tensions, en légitimant l’ingérence et en brandissant la menace militaire, Trump aggrave une crise déjà dramatique et expose toute la région à une instabilité durable. Les premières victimes ne sont ni les dirigeants ni les grandes puissances, mais les populations civiles, prises en otage d’un affrontement qui les dépasse.

Plus inquiétant encore, cette méthode tend à se banaliser. Le mépris affiché pour le multilatéralisme, pour l’ONU et pour le droit international installe une nouvelle norme : celle où une grande puissance s’arroge le droit de décider qui doit gouverner, qui doit tomber et quelles ressources doivent changer de mains. Le Venezuela devient alors un laboratoire dangereux d’une nouvelle dictature globale, brutale et décomplexée.

Aujourd’hui le Venezuela, demain quel autre pays du Sud riche en pétrole, en gaz ou en minerais stratégiques ? En tolérant cette dérive, la communauté internationale ouvre la voie à une multiplication des interventions arbitraires, motivées moins par la défense des peuples que par l’appétit économique et les calculs électoralistes.

Il est urgent d’alerter l’opinion internationale. Le silence face à ces agissements équivaut à une complicité. Le monde ne peut accepter qu’un homme, fût-il ancien président des États-Unis, transforme les relations internationales en terrain de chasse aux ressources. La paix mondiale ne se construit ni par la menace ni par le pillage, mais par le dialogue, le respect des souverainetés et la justice internationale.

Face aux dérives de Trump, une certitude s’impose : lorsque la force devient une doctrine et le pétrole un prétexte, la démocratie n’est plus qu’un alibi. Refuser cette logique, c’est défendre non seulement le Venezuela, mais l’avenir même de l’ordre international.

Boubacar Seye

Consultant et chercheur en migrations internationales

Président d’horizon Sans Frontières

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