Le ministre vénézuélien des Affaires étrangères a pris la parole ce lundi devant le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies à Genève. Au cœur de son intervention, les conséquences de l’opération menée début janvier par les États-Unis sur le sol vénézuélien et le sort réservé à Nicolas Maduro.
Devant l’instance onusienne, Yvan Gil a formellement réclamé la libération immédiate de Nicolas Maduro et de son épouse, Cilia Flores. Selon les informations rapportées par Al Jazeera, le chef de la diplomatie vénézuélienne a qualifié cette intervention américaine de « campagne systématique », déclarant qu’elle a causé la mort de plus de 100 personnes. Il a dénoncé ce qu’il considère comme un enlèvement et une « opération politique déguisée en débat juridique ».
Le couple est détenu à New York depuis l’opération du 3 janvier, dans l’attente de son procès pour trafic de drogue et complot en vue de commettre un « narcoterrorisme ». Sur le plan intérieur, une certaine accalmie est observée, bien que des nuances apparaissent au sommet de l’État. La présidente par intérim, Delcy Rodriguez, a récemment adopté un ton plus conciliant envers l’administration de Donald Trump, contrastant avec la ligne dure maintenue par son ministre des Affaires étrangères à Genève.
Malgré une décennie de blocus et de sanctions imposés par les États-Unis, Yvan Gil a précisé que son pays n’était pas en état de guerre avec Washington. Sur le plan économique, le Fonds monétaire international (FMI) a récemment qualifié la situation du pays de très fragile, marquée par une inflation à trois chiffres. En parallèle, le département du Trésor américain a procédé en début de mois à l’allègement de certaines sanctions visant le secteur énergétique vénézuélien.
Sur le front de la politique intérieure, Caracas a amorcé un processus de réconciliation. La loi d’amnistie pour la coexistence démocratique de 2026, promulguée jeudi dernier, a d’ores et déjà conduit à la libération de 379 détenus politiques cette semaine. Cette application marque une évolution pour les autorités qui niaient jusqu’à présent détenir des prisonniers d’opinion.
Dans son adresse au Conseil, le ministre a exhorté l’organe onusien à mettre fin aux mesures punitives contre le Venezuela. Il a insisté sur le fait que les droits de l’homme ne devaient pas servir d’instrument de guerre politique, déplorant une attention internationale qu’il juge disproportionnée vis-à-vis de son pays, en comparaison avec d’autres crises mondiales telles que la situation du peuple palestinien.