Venezuela : des dizaines de libérations actées à Caracas, mais une catégorie de détenus reste exclue de l’amnistie

Le paysage carcéral et politique vénézuélien amorce une mutation significative sous l’impulsion du nouveau gouvernement de transition. Quelques jours après la promulgation d’un texte législatif majeur soutenu par les États-Unis, les tribunaux de Caracas commencent à statuer sur le sort de centaines de personnes incarcérées, révélant les contours précis et les limites de cette démarche.

Selon les données relayées par Al Jazeera, la nouvelle loi d’amnistie a déjà généré plus de 1 500 demandes de la part de prisonniers politiques. Le président de l’Assemblée nationale, Jorge Rodriguez, a précisé lors d’une conférence de presse que 1 557 dossiers sont actuellement en cours de traitement immédiat. À ce stade, 80 détenus ont recouvré la liberté dans la capitale, Caracas.

L’application de cette amnistie n’est pas automatique. Les requérants doivent formuler une demande explicite auprès des juridictions compétentes. Le député en charge de la supervision du processus, Jorge Arreaza, a indiqué que les procureurs ont requis la libération de 379 individus, parmi lesquels figurent des membres de l’opposition, des militants, des défenseurs des droits humains et des journalistes. D’autres élargissements pourraient intervenir dans un délai de quinze jours.

Ce texte a été porté par la présidente par intérim, Delcy Rodriguez, arrivée au pouvoir à la suite de l’opération militaire américaine du 3 janvier ayant conduit à la capture de l’ancien dirigeant Nicolas Maduro. Si l’approbation de cette loi marque un tournant pour les autorités vénézuéliennes, qui niaient jusqu’ici l’existence de prisonniers politiques, elle comporte des exceptions notables qui restreignent son champ d’action.

La législation exclut explicitement de ses bénéficiaires le personnel militaire, les individus condamnés pour des activités liées au terrorisme, ainsi que ceux poursuivis pour avoir favorisé des actions armées contre la souveraineté du pays par des acteurs étrangers. Cette restriction suscite les critiques d’organisations de défense des droits humains, à l’instar de l’ONG Foro Penal, dont le président Alfredo Romero a publiquement dénoncé une exclusion jugée discriminatoire.

La mesure s’étend par ailleurs à près de 11 000 prisonniers politiques bénéficiant déjà d’une liberté conditionnelle ou d’une assignation à résidence depuis plusieurs années. Ces derniers pourront voir ces mesures de substitution définitivement levées pour retrouver une liberté totale.

Pendant ce temps, devant les centres de détention de la police nationale comme la Zone 7 à Caracas, les familles continuent de patienter dans l’attente des décisions judiciaires. Nicolas Maduro, de son côté, se trouve en détention aux États-Unis dans l’attente de son procès pour trafic de drogue, des accusations face auxquelles il a plaidé non coupable en se déclarant prisonnier de guerre.

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Un commentaire

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