Venezuela : Alors que la rue réclame le retour de Maduro, l’exigence spécifique de Donald Trump qui place l’intérim sous tension

Des milliers de personnes ont investi les rues de Caracas ce mardi, marquant un anniversaire sous haute tension politique. Exactement un mois après l’opération nocturne des forces américaines ayant conduit à l’interpellation du président Nicolas Maduro et de son épouse Cilia Flores, la mobilisation populaire ne faiblit pas. Au-delà des slogans scandés lors de cette « Gran Marcha », c’est une équation politique complexe qui se dessine pour l’actuelle direction du pays, prise en étau entre la ferveur de la rue et les conditions posées par Washington.

Le rassemblement, organisé à l’appel du gouvernement, a vu défiler une foule compacte exigeant la libération immédiate du couple présidentiel, actuellement détenu dans une prison américaine. « Le Venezuela a besoin de Nicolas ! », ont chanté les manifestants, dont beaucoup arboraient des t-shirts à l’effigie des détenus. Pour Nicolas Maduro Guerra, fils du président et membre de l’Assemblée nationale, l’opération du 3 janvier reste une blessure ouverte. S’adressant à la foule depuis une tribune, il a qualifié l’intervention militaire américaine de « cicatrice » indélébile, affirmant que le sol de la patrie avait été « profané par une armée étrangère ».

Selon les informations rapportées par Al Jazeera, cette mobilisation locale s’inscrit dans une journée d’action mondiale, avec des manifestations de solidarité observées dans plusieurs pays sous le mot d’ordre « Rendez-les-nous ». Cependant, derrière cette unité de façade dans la rue, la situation au sommet de l’État vénézuélien révèle une manœuvre diplomatique délicate.

Delcy Rodriguez, qui assure l’intérim à la tête du pays, tente de maintenir un équilibre précaire. D’un côté, elle doit répondre aux attentes des partisans de Maduro et maintenir la cohésion gouvernementale ; de l’autre, elle fait face aux exigences directes de la Maison Blanche. Le président américain Donald Trump a en effet indiqué sa disposition à collaborer avec Mme Rodriguez, mais cette ouverture est assortie d’une condition majeure : que Caracas s’aligne sur les demandes américaines, et plus particulièrement sur la prise de contrôle par les États-Unis des vastes réserves pétrolières du pays.

Dans ce contexte, l’actuelle dirigeante a déjà amorcé plusieurs gestes d’apaisement et de réforme. Des centaines de prisonniers politiques ont été libérés et le secteur nationalisé des hydrocarbures a été ouvert aux investissements privés. Toutefois, la loi d’amnistie promise, réclamée par les étudiants et les familles de détenus qui ont également marché mardi, n’a pas encore été soumise au Parlement. Pour les manifestants comme Jose Perdomo, employé municipal de 58 ans présent dans le cortège, l’émotion reste vive : « Nous nous sentons confus, tristes, en colère. Tôt ou tard, ils devront libérer notre président ».

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