Après plusieurs semaines de tensions exacerbées par un déploiement massif des forces de l’ordre à Minneapolis, la Maison Blanche opère un ajustement stratégique dans sa gestion du maintien de l’ordre. Alors que les relations entre l’administration fédérale et les élus locaux restent tendues, le président américain Donald Trump a émis de nouvelles instructions précises encadrant l’action du Département de la Sécurité intérieure (DHS) lors des manifestations.
Selon les informations relayées par Al Jazeera, le chef de l’État a ordonné à la secrétaire à la Sécurité intérieure, Kristi Noem, de ne plus impliquer ses agents dans les mouvements de protestation survenant dans les villes dirigées par des démocrates. Cette directive présidentielle, communiquée via la plateforme Truth Social, pose toutefois une condition spécifique pour toute future intervention : les autorités locales doivent en faire la demande explicite. « En aucune circonstance nous ne participerons », a martelé le président, tant que cette sollicitation officielle n’aura pas été formulée.
Cependant, ce retrait des opérations de maintien de l’ordre sur la voie publique s’accompagne d’une mise en garde ferme concernant les infrastructures fédérales. Donald Trump a précisé que les agents de l’immigration (ICE) et de la patrouille frontalière (Border Patrol) conserveront une posture offensive pour protéger les bâtiments gouvernementaux et les tribunaux. Le président a averti que toute agression contre les agents ou dégradation de véhicules entraînera des conséquences « égales ou supérieures » pour les auteurs, refusant que ses « guerriers patriotes » soient pris pour cible.
Ce changement de doctrine intervient dans un contexte lourd, marqué par ce que les officiels fédéraux qualifient de plus vaste opération d’application des lois sur l’immigration jamais menée à Minneapolis. Initiée en novembre dernier et mobilisant près de 3 000 agents, cette opération justifiée par Washington par des allégations de fraude impliquant des résidents d’origine somalienne a conduit à des affrontements quotidiens. Le bilan humain s’est alourdi avec la mort de deux citoyens américains, Alex Pretti et Renee Good, abattus par des agents fédéraux en janvier, suscitant l’indignation et des contestations judiciaires menées notamment par le procureur général du Minnesota, Keith Ellison.
Sur le terrain, cette nouvelle orientation politique se traduit également par un remaniement du commandement. L’administration Trump a remplacé Greg Bovino, qui dirigeait la répression à Minneapolis, par Tom Homan. Ce dernier a annoncé un changement tactique, privilégiant désormais des opérations ciblées plutôt que des ratissages de rue indiscriminés, sous réserve d’une coopération accrue avec les leaders locaux.