Les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne (UE), réunis ce lundi à Bruxelles, ne sont pas parvenus à un consensus concernant le nouveau train de mesures restrictives ciblant Moscou. L’ordre du jour prévoyait la validation d’une nouvelle étape dans la pression économique exercée sur la Russie, mais les tractations ont finalement buté sur des désaccords internes.
Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, l’adoption de ce 20e paquet de sanctions a été bloquée par l’opposition de la Hongrie et de la Slovaquie. La cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a qualifié cette issue de revers, tout en soulignant que le travail se poursuit. Des échanges sont actuellement en cours avec les autorités hongroises et slovaques. Le dossier sera par ailleurs porté par le président du Conseil européen, Antonio Costa, et la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, qui doivent s’entretenir directement avec le Premier ministre hongrois Viktor Orban. En cas d’échec définitif de ce paquet, l’UE n’exclut pas de revenir à son plan initial consistant à utiliser les avoirs russes gelés pour financer ces sanctions.
Si le volet économique a été freiné, d’autres décisions diplomatiques et sécuritaires ont été actées. Notre rédaction note que l’UE a décidé de plafonner à 40 personnes la taille maximale de la mission diplomatique russe auprès de l’Union. Parallèlement, des mesures sont préparées pour empêcher l’entrée dans l’espace Schengen de centaines de milliers d’anciens soldats russes, une disposition visant à éviter la présence de saboteurs ou de criminels de guerre sur le sol européen. Concernant le conflit en Ukraine, Kallas a insisté sur la nécessité d’inverser la pression, exigeant que la Russie remplisse les conditions de base d’une paix juste, incluant le retrait de ses troupes des territoires occupés.
La réunion a également permis d’aborder d’autres crises internationales majeures. Sur la situation au Moyen-Orient, la diplomatie européenne a critiqué l’extension des pouvoirs d’Israël en Cisjordanie. Vingt-six pays se sont dits favorables à l’imposition de sanctions contre les colons violents dans cette zone, mais le processus reste bloqué par le veto d’un seul État membre.
Concernant les tensions entre les États-Unis et l’Iran, Kallas a alerté sur un rapprochement dangereux vers la guerre, précisant que la fenêtre diplomatique est désormais très étroite et qu’une intervention militaire aurait des conséquences difficiles à maîtriser. Enfin, sur le dossier vénézuélien, l’UE envisage une nouvelle approche : des discussions sont prévues pour lever les sanctions contre la présidente par intérim Delcy Rodriguez, sous réserve d’obtenir l’unanimité requise.