« Une journée historique » selon un ministre israélien : l’opération de démolition lancée ce mardi cible le cœur du dispositif onusien

La tension est montée d’un cran ce mardi dans le quartier de Sheikh Jarrah. Alors que les avertissements diplomatiques se multipliaient ces dernières semaines concernant le statut des organisations humanitaires, les forces israéliennes sont passées à l’action sur le terrain. L’immunité diplomatique habituellement accordée aux Nations Unies n’a pas suffi à empêcher une opération d’envergure visant des infrastructures critiques.

Selon les informations rapportées par notre source Al Jazeera, des bulldozers de l’armée israélienne ont entamé la démolition du quartier général de l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA) à Jérusalem-Est occupée. Cette action physique fait suite à une série de mesures législatives et administratives prises par le gouvernement israélien à l’encontre de l’agence.

**Une expulsion sous la contrainte**

L’agence onusienne a confirmé via un communiqué que les forces de sécurité avaient forcé le personnel à évacuer les lieux avant de procéder à la confiscation de leurs appareils électroniques. L’UNRWA dénonce « une attaque sans précédent », non seulement contre ses locaux, mais aussi contre les principes du droit international et les privilèges des Nations Unies.

D’après des sources locales citées par l’agence Wafa, le complexe a été investi après le bouclage des rues adjacentes et un renforcement significatif de la présence militaire. Les engins de chantier ont ensuite procédé à la destruction de structures situées à l’intérieur de l’enceinte.

**La justification israélienne**

Cette opération s’inscrit dans l’application d’une nouvelle loi israélienne interdisant les activités de l’UNRWA, accusée par Tel-Aviv de partialité et de liens avec le Hamas — des accusations que l’agence a toujours rejetées, soulignant l’absence de preuves fournies.

Le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, présent sur les lieux aux côtés des équipes de démolition, a qualifié l’événement de « journée historique ». Le ministère des Affaires étrangères israélien a quant à lui présenté cette action comme la mise en œuvre directe de la législation votée en octobre 2024, qui interdit tout contact entre les officiels israéliens et l’agence.

**Un contexte de pression internationale**

Cette démolition intervient alors que le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a récemment adressé une mise en garde au Premier ministre Benjamin Netanyahu. Dans une lettre datée du 8 janvier, il prévenait qu’Israël pourrait être conduit devant la Cour internationale de justice si ces lois ciblant l’UNRWA n’étaient pas abrogées et les biens saisis restitués.

La pression ne se limite pas à l’agence onusienne. Israël a également révoqué les licences d’exploitation de 37 autres groupes d’aide, dont Médecins Sans Frontières (MSF), pour non-respect des nouvelles régulations gouvernementales exigeant des détails exhaustifs sur leur personnel et leurs financements.

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