Turquie-Iran : En visite officielle à Istanbul, le diagnostic sans appel posé par Abbas Arakhchi sur le poids réel de l’Europe

Le ministre iranien des Affaires étrangères est arrivé en Turquie ce vendredi pour une série de consultations stratégiques de haut niveau. Alors que les tensions régionales s’accentuent, cette rencontre à Istanbul avec son homologue turc et le président Recep Tayyip Erdogan a servi de tribune pour adresser un message particulièrement dur aux puissances occidentales, ciblant spécifiquement la trajectoire géopolitique du Vieux Continent.

Ce déplacement d’Abbas Arakhchi, planifié de longue date, s’inscrit dans une logique de réciprocité diplomatique après la visite du chef de la diplomatie turque, Hakan Fidan, à Téhéran. Selon les déclarations relayées par l’agence Anadolu, l’objectif affiché est de renforcer la coordination entre les deux « grands pays voisins » face aux objectifs fixés par les États-Unis et d’autres acteurs dans la région. Les discussions portent sur un large spectre incluant les volets politique, économique et sécuritaire.

Au-delà des relations bilatérales, le diplomate iranien a profité de son passage sur la télévision d’État, depuis le sol turc, pour réagir vivement à la récente décision européenne de classer le Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI) comme organisation terroriste. Qualifiant cette mesure de « grave erreur stratégique », Abbas Arakhchi a livré une analyse sans concession sur la position actuelle de l’Union européenne.

Pour le représentant de Téhéran, cette classification s’ajoute à une série de décisions jugées erronées, comme la gestion du mécanisme de « snapback ». Il a affirmé que l’Europe est désormais « un continent en déclin » qui « perd de plus en plus son rôle sur la scène internationale ». Selon lui, ce processus de perte d’influence s’accélère, bien qu’il estime que les dirigeants européens finiront par reconnaître leurs torts.

L’agenda du ministre à Istanbul prévoit des entretiens approfondis avec Hakan Fidan ainsi qu’une audience avec le chef de l’État turc, Recep Tayyip Erdogan, pour harmoniser les positions face aux défis communs du Moyen-Orient.

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