C’est au cœur du campus de Haliç, à l’Université Fatih Sultan Mehmet Vakif (FSMVU), que s’est tenue une rencontre académique majeure consacrée à la situation syrienne. L’événement, ponctué par la présentation d’un rapport exhaustif, a servi de tribune pour réaffirmer la position diplomatique et humanitaire de la Turquie. Au-delà des aspects techniques de la reconstruction, les autorités locales ont tenu à placer l’action d’Ankara dans une perspective temporelle longue.
Prenant la parole lors de la cérémonie d’ouverture, le gouverneur d’Istanbul, Davut Gül, a insisté sur la dimension morale de l’engagement turc. Selon lui, sous la direction du président Recep Tayyip Erdoğan, la Turquie s’est positionnée « du bon côté de l’Histoire » face à la crise syrienne. Cette déclaration s’accompagne d’une volonté de documenter les actions entreprises pour les générations futures.
Le gouverneur a mis en avant le concept de « mémoire numérique », un outil jugé essentiel pour conserver la trace de l’aide apportée. « Peut-être que dans cinquante ou cent ans, cela sera oublié, mais grâce à la mémoire numérique, chaque donnée consignée constituera un héritage précieux », a-t-il affirmé. L’objectif affiché est qu’à l’avenir, l’histoire retienne que « les Turcs, les musulmans, ont tenté de mettre fin à l’oppression malgré toutes les difficultés ».
Une mobilisation humanitaire documentée
Cette rencontre a également permis de souligner le rôle des organisations non gouvernementales sur le terrain. Le gouverneur a salué l’engagement de l’IHH et de l’association Cihannüma, qualifiés de « fierté pour la nation » pour leur action en Syrie et dans d’autres zones de conflit. Selim Cerrah, président de Cihannüma, a décrit ces structures comme « les bras et les jambes » de l’effort humanitaire turc.
De son côté, Bülent Yıldırım, président de l’IHH, a rappelé que son organisation œuvre « jour et nuit depuis 13 à 14 ans » pour la Syrie, tout en étendant ses opérations à Gaza et en Afrique. Il a tenu à mettre en lumière l’accueil réservé aux réfugiés : « Les Syriens sont venus ici comme réfugiés et voulaient être heureux, ils voulaient voir la fraternité. Certains ont tenté d’y faire obstacle, mais des responsables comme notre gouverneur ont fait tout leur possible. »
Un rapport stratégique pour l’avenir
L’événement marquait surtout l’aboutissement de quatre mois de travaux, synthétisés dans un rapport trilingue (turc, anglais, arabe). Ce document, fruit de la collaboration de 98 auteurs issus de disciplines variées allant du droit à l’économie en passant par l’urbanisme, propose une feuille de route pour la reconstruction.
Selon le recteur de la FSMVÜ, le Pr Dr Nevzat Şimşek, ce rapport dépasse la simple aide d’urgence pour proposer des solutions à court, moyen et long terme. Fondé sur l’approche « convaincre, construire et revitaliser », le document s’appuie sur des constats réalisés lors de visites de terrain par des délégations d’experts, visant à structurer le relèvement de la Syrie de manière durable.
Source : Anadolu