Trois morts et quatre blessés au Soudan : la cible de la dernière attaque au drone des paramilitaires

La guerre civile au Soudan vient de faire de nouvelles victimes dans l’État du Kordofan du Sud. Jeudi, une attaque au drone menée par les Forces de soutien rapide (RSF) a frappé un groupe en déplacement, causant des pertes humaines et matérielles dans une zone sous tension.

La cible de cette frappe était un convoi de camions transportant de la nourriture et des fournitures de première nécessité. Selon le Réseau des médecins du Soudan, au moins trois travailleurs humanitaires ont été tués et quatre autres blessés. Le raid s’est produit alors que les véhicules traversaient la région de Kartala, en direction des villes de Kadugli et Dilling.

L’organisation médicale a fermement condamné cette action. Dans une déclaration publique, le réseau a dénoncé une violation flagrante du droit international humanitaire et des normes interdisant les attaques contre le personnel de secours. Il s’agit du deuxième incident de ce type en moins d’un mois, faisant suite aux tirs d’artillerie ayant visé un convoi des Nations Unies dans la ville d’Al-Rahad. Le Réseau des médecins a appelé la communauté internationale et l’ONU à exercer une pression urgente sur la direction des RSF pour garantir l’ouverture de corridors sécurisés.

De son côté, le média Al Jazeera, qui relaie ces informations, précise ne pas avoir pu vérifier de manière indépendante cette dernière attaque. Celle-ci survient un mois après que les Forces armées soudanaises (SAF), soutenues par le gouvernement, ont annoncé avoir brisé le siège imposé depuis près de deux ans par les paramilitaires sur la ville de Dilling, située à mi-chemin entre Kadugli et El-Obeid.

Cet événement s’inscrit dans un contexte de documentation croissante des exactions commises sur le terrain. Mercredi, la mission internationale indépendante d’établissement des faits de l’ONU pour le Soudan a conclu que les RSF avaient mené une campagne de destruction coordonnée contre des communautés non arabes, spécifiquement les Zaghawa et les Fur, lors du siège d’El-Fasher, dans le Darfour du Nord. Le rapport onusien indique que ces actes remplissent au moins trois des cinq critères définissant un génocide, incluant des meurtres ciblés et des atteintes graves à l’intégrité physique et mentale.

Dans le sillage direct de la publication de ce rapport, les États-Unis ont officiellement acté des sanctions à l’encontre de trois responsables des RSF : le général de brigade Elfateh Abdullah Idris Adam, le général de division Gedo Hamdan Ahmed Mohamed et le commandant de terrain Tijani Ibrahim Moussa Mohamed, en raison de leur implication dans le siège d’El-Fasher.

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