Tribune – Fadel Dia : La place de l’Islam en France remise en question par un rapport du Sénat

Dans une tribune publiée par nos confrères de Sud Quotidien, Fadel Dia analyse le climat actuel autour de la pratique de l’Islam en France, suite à la publication d’un rapport par des sénateurs du parti Les Républicains (LR). L’auteur s’interroge sur la possibilité d’être musulman dans l’Hexagone face à ce qu’il décrit comme une surenchère politique et médiatique ciblant cette communauté.

Des propositions sénatoriales et un climat politique tendu

Selon l’analyse de Fadel Dia, vingt-neuf sénateurs français membres de LR ont récemment dévoilé un rapport avançant 17 mesures destinées à « combattre l’entrisme islamique ». Parmi ces propositions, l’auteur relève l’idée d’interdire le jeûne du Ramadan aux mineurs de moins de 16 ans. Pour lui, cette initiative s’inscrit dans une dynamique plus large de « stigmatisation des Musulmans » au sein de la classe politique française. Il évoque une crainte de voir émerger des mesures encore plus restrictives, citant ironiquement des hypothèses comme l’encadrement du pèlerinage ou le contrôle de la zakat.

L’auteur pointe également du doigt des incidents spécifiques, tels qu’une note interne de la RATP interdisant les bouteilles d’eau dans les sanitaires au nom de la laïcité, ou encore les positions de personnalités politiques comme Marine Le Pen et Éric Zemmour. Fadel Dia dénonce ce qu’il appelle la « guerre des prénoms » et l’obsession autour du « Grand Remplacement », une théorie qu’il estime désormais reprise en filigrane par le chef de l’État français à travers l’expression de « réarmement démographique ».

La laïcité et la réaction des institutions religieuses

Dans son texte, Fadel Dia souligne que cette focalisation sur l’Islam révèle davantage l’état de la société française que la réalité de la religion elle-même. Il rappelle que la France est le seul pays à revendiquer un « Islam de France » sous surveillance étatique, une démarche qu’il juge contradictoire avec la loi de 1905 sur la séparation des Églises et de l’État. L’auteur cite la réaction du Recteur de la Grande Mosquée de Paris, qui a fermement condamné le rapport des sénateurs, estimant qu’il « restreint les droits au lieu de les protéger » et risque d’instaurer une forme de police des mœurs.

En conclusion de son propos, Fadel Dia met en perspective la situation française avec celle des États-Unis, notant que le maire de New York a prêté serment sur le Coran, tandis qu’en France, la pratique religieuse semble de plus en plus contrainte par une interprétation coercitive de la laïcité. Il observe paradoxalement que malgré ces pressions, la pratique de l’Islam progresse chez les jeunes français, ce qui, selon lui, alimente l’inquiétude d’une partie de la classe politique.

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