Tribune de l’AIPS en Gambie : L’invitation formelle adressée par Khady Diène Gaye aux autorités sportives voisines

La capitale gambienne s’est transformée, ce vendredi, en épicentre du journalisme sportif continental. Le 8e Congrès de l’Association internationale de la presse sportive (AIPS Afrique) a ouvert ses travaux à Banjul, au Centre de conférences international Sir Dawda Kairaba Jawara. Sous la présidence du vice-président gambien Muhammad B.S. Jallow, cette rencontre réunit des délégués de 25 pays autour d’une réflexion centrale : l’éthique et la crédibilité des médias face aux défis numériques. Une tribune saisie par la ministre sénégalaise des Sports, Khady Diène Gaye, pour formuler une proposition concrète de coopération sous-régionale.

**Le défi de la crédibilité à l’ère du numérique**

L’enjeu de ces assises dépasse le simple cadre protocolaire. Abdoulaye Thiam, président de l’AIPS Afrique, a posé les termes du débat dès l’ouverture : la presse sportive doit renforcer sa responsabilité face à la prolifération des réseaux sociaux et aux risques de désinformation. Selon les propos rapportés par Sud Quotidien, M. Thiam a insisté sur la nécessité pour les journalistes de rester des piliers du développement et de la cohésion nationale. « C’est en arrivant au sommet d’une grande colline qu’on se rend compte qu’il reste d’autres à escalader », a-t-il imagé, citant Nelson Mandela pour illustrer le chemin restant à parcourir vers une presse plus responsable.

Gianni Merlo, président de l’AIPS Monde, a appuyé cette vision en soulignant la capacité du journalisme sportif africain à « créer des ponts entre générations et nations », tout en appelant à une coopération accrue avec les fédérations pour promouvoir l’éducation sportive.

**L’offre de mutualisation des infrastructures sénégalaises**

Présente aux côtés de ses homologues gambien, Bakary Badjie, et ghanéen, Kofi Adams, la ministre sénégalaise de la Jeunesse et des Sports a marqué les esprits par une approche pragmatique de l’intégration. Khady Diène Gaye a plaidé pour une mutualisation des ressources au sein de la zone ouest-africaine.

Au-delà du discours sur le rôle des journalistes comme « passeurs d’émotions », l’autorité sénégalaise a explicitement invité la Gambie à exploiter le potentiel des infrastructures de son voisin. Elle a convié les autorités sportives gambiennes à « utiliser le stade Abdoulaye Wade, Dakar Arena et autres infrastructures sportives du Sénégal ». Cette main tendue vise à pallier les déficits infrastructurels ponctuels et à renforcer la mobilité des encadreurs et des athlètes entre les deux nations.

**La Gambie affirme son « soft-power »**

Pour Banjul, l’accueil de ce congrès s’inscrit dans une stratégie diplomatique plus large. Après le sommet de l’OCI, la Gambie confirme son statut de terre d’accueil pour les grands événements internationaux. Le vice-président Jallow a réaffirmé l’engagement de son gouvernement à investir dans le sport à la base et le développement numérique, reconnaissant la presse comme un partenaire indispensable à cette dynamique.

De son côté, le ministre ghanéen Kofi Adams a rappelé la dimension économique du secteur, notant que les investissements dans le sport représentent désormais une part significative du PIB africain, nécessitant un accompagnement médiatique rigoureux pour stabiliser cet écosystème en pleine expansion.

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