Une nouvelle alerte secoue le paysage sécuritaire et sanitaire sénégalais. Selon L’Observateur, la Brigade de recherches de Grand Yoff a procédé, dans la nuit du 26 au 27 février, à l’arrestation d’un homme de 42 ans en possession de seize comprimés de carfentanil, une substance d’une extrême dangerosité.
Il s’agit de la première identification formelle de cette drogue sur le territoire national par le Laboratoire national d’analyse des drogues (LNAD), marquant un tournant préoccupant dans la lutte contre les stupéfiants.
Le carfentanil n’est pas un opioïde ordinaire. Conçu à l’origine pour anesthésier de très grands animaux comme les rhinocéros et les éléphants, il est réputé pour sa puissance redoutable : 100 fois plus fort que le fentanyl et jusqu’à 10 000 fois plus puissant que la morphine. Sa toxicité est telle qu’une dose de seulement deux milligrammes peut être fatale à un adulte, et une simple exposition accidentelle peut entraîner la mort.
D’après les premiers éléments de l’enquête, le suspect, identifié sous les initiales O. Fall et domicilié à Castors, a été interpellé alors qu’il circulait à moto. Une fouille a permis aux enquêteurs de découvrir les seize comprimés dissimulés dans sa poche. Il aurait d’abord tenté de banaliser les faits, soutenant avoir acquis ces produits « par hasard » auprès d’un vendeur de médicaments basé aux HLM Rail-Ba.
Les analyses effectuées par la Division pharmaceutique et toxicologique ont toutefois confirmé qu’il s’agissait bien de carfentanil, une découverte qualifiée de « bombe » par des sources proches du dossier.
Cette saisie intervient dans un contexte déjà marqué par la circulation du kush et le détournement de médicaments à des fins récréatives. L’arrivée du carfentanil représente ainsi une escalade inquiétante. Aux États-Unis, cette substance a été associée à une flambée spectaculaire des décès liés aux opioïdes, avec une hausse estimée à 720 % ces dernières années.
Poursuivi pour association de malfaiteurs et détention de substances psychotropes en vue de trafic, O. Fall est maintenu en garde à vue, rapporte le journal parcouru par Senego. L’enquête, appuyée par la Division des opérations criminelles et du renseignement (DOCRTIS), vise désormais à identifier le fournisseur présumé et à comprendre comment cet opioïde ultra-puissant a pu pénétrer le marché sénégalais.