Torpillage américain au large du Sri Lanka : la double annonce de Téhéran sur sa riposte militaire dans le Golfe

L’escalade militaire entre Washington et Téhéran vient de franchir un nouveau palier meurtrier dans l’océan Indien. Un sous-marin américain a torpillé la frégate iranienne IRIS Dena dans les eaux internationales au large du Sri Lanka, causant la mort de dizaines de marins. Face à cette attaque qui élargit géographiquement le conflit, les autorités sri-lankaises se retrouvent entraînées dans une gestion de crise complexe, tandis que la République islamique organise sa réponse militaire.

Le bilan humain de cette frappe américaine est particulièrement lourd. Les autorités de la ville portuaire de Galle, au sud du Sri Lanka, préparent actuellement la restitution des dépouilles de 87 marins iraniens. Selon les responsables de l’hôpital principal de la ville, 32 rescapés sont pris en charge dans une unité de soins d’urgence, placée sous haute sécurité par la police et des commandos d’élite. La plupart de ces blessés souffrent de lésions mineures, bien que certains présentent des fractures et des brûlures, a précisé une infirmière à l’agence AFP. Le porte-parole de la marine sri-lankaise, Buddhika Sampath, a également confirmé que les recherches se poursuivaient pour retrouver d’éventuels disparus.

La tension au large de l’île asiatique ne retombe pas, puisqu’un second bâtiment de la marine iranienne se trouve actuellement en difficulté dans la zone économique exclusive du pays. Le porte-parole du gouvernement sri-lankais, Nalinda Jayatissa, a indiqué que ses services faisaient leur maximum pour « protéger des vies ». Ce deuxième navire, qui transporterait plus d’une centaine de membres d’équipage, ferait partie d’un groupe de trois bâtiments de retour d’un événement maritime en Inde. Signalant une panne de moteur, l’équipage a demandé à accoster, une requête qui place Colombo dans une position diplomatique extrêmement délicate.

Du côté de Téhéran, la confirmation de la perte de la frégate a été suivie de déclarations martiales. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a dénoncé une attaque menée sans sommation à plus de 3 200 kilomètres des côtes iraniennes, promettant que les États-Unis regretteraient amèrement ce précédent. Le général Kioumars Heydari, commandant au sein des Gardiens de la révolution islamique (IRGC), a renchéri en affirmant sur la télévision d’État la décision de combattre les forces américaines où qu’elles se trouvent.

Les actes ont rapidement suivi ces déclarations. Selon les informations rapportées par la chaîne Al Jazeera, les Gardiens de la révolution ont annoncé jeudi avoir frappé un pétrolier américain dans la partie nord du Golfe, précisant que le navire était en feu. En parallèle de cette action ciblée, l’IRGC a publié un communiqué actant que, le temps du conflit, le passage par le détroit d’Ormuz serait désormais sous le contrôle exclusif de l’Iran. Les autorités américaines n’ont, pour l’heure, pas réagi à ces annonces.

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