Tirs croisés et menaces de riposte : la situation dégénère à la frontière entre l’Afghanistan et le Pakistan.

Les forces armées afghanes et pakistanaises se sont de nouveau affrontées le long de leur frontière commune. Ces échanges de tirs, survenus mardi, s’inscrivent dans une séquence de détérioration rapide des relations entre les deux pays voisins, marquée par une série d’opérations militaires meurtrières.

Les circonstances exactes de cette nouvelle confrontation font l’objet de versions contradictoires. Selon les informations rapportées par Al Jazeera, chaque camp rejette sur l’autre la responsabilité des premières hostilités. Du côté afghan, Zabihullah Noorani, chef du département de l’information de la province de Nangarhar, affirme que les troupes pakistanaises ont ouvert le feu en premier dans la région de Shahkot. Il précise que les affrontements ont cessé et qu’aucune perte n’est à déplorer dans les rangs afghans.

À l’inverse, Mosharraf Zaidi, un responsable gouvernemental pakistanais, accuse les forces afghanes d’avoir initié des tirs non provoqués près du poste frontalier de Torkham. Dans une déclaration publique, il a indiqué que les forces de sécurité pakistanaises avaient répliqué immédiatement pour neutraliser ce qu’il qualifie d’agression.

Cette confrontation terrestre intervient quarante-huit heures après des frappes aériennes menées par le Pakistan sur les provinces afghanes de Nangarhar et Paktika. Le bilan de cette opération dominicale diverge selon les sources. La mission des Nations Unies en Afghanistan a recensé au moins 13 civils tués. Le gouvernement afghan fait état de 18 morts, tandis que l’armée pakistanaise affirme avoir éliminé plus de 80 combattants lors de ces raids ciblant, selon elle, des camps de groupes armés.

Les relations bilatérales connaissent une forte dégradation depuis plusieurs mois. Les principaux points de passage terrestres restent largement inaccessibles depuis les affrontements d’octobre dernier, qui avaient causé la mort de plus de 70 personnes de part et d’autre de la frontière. Islamabad justifie ses récentes opérations en accusant Kaboul de passivité face aux groupes armés opérant depuis le sol afghan, pointant notamment leur implication dans un récent attentat suicide contre une mosquée chiite à Islamabad. Des accusations formellement rejetées par les autorités afghanes.

En réaction aux bombardements de dimanche, le ministère afghan de la Défense a dénoncé des attaques ayant touché des écoles religieuses et des habitations civiles, causant des dizaines de victimes, dont des femmes et des enfants. L’institution militaire afghane a tenu l’armée pakistanaise pour responsable de ces frappes et a officiellement annoncé qu’elle apporterait une réponse militaire mesurée et appropriée en temps voulu.

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