À l’issue de la CAN 2025 au Maroc, Me Amadou Aly Kane tire plusieurs enseignements, allant de l’excellence organisationnelle du pays hôte à la nécessité de repenser le leadership et la communication des instances sportives internationales. Il appelle aussi le Sénégal à mieux mobiliser sa diaspora, en s’inspirant de l’exemple d’une Agence nationale de la diaspora proposée pour renforcer la contribution des expatriés au développement national.
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QUELQUES LEÇONS PROVISOIRES DE LA CAN DU MAROC
Maintenant que les rideaux sont tombés sur la phase finale de la Coupe d’Afrique des Nations du Maroc, il faut tirer les leçons de l’événement sportif.
D’abord, par rapport au pays organisateur :
Il faut tirer le chapeau au Maroc pour la bonne organisation matérielle du tournoi et pour l’accueil des équipes.
Les stades du Royaume sont de véritables joyaux architecturaux capables d’accueillir la coupe du monde de football et de nombreux autres événements sportifs nationaux et internationaux.
Les équipes nationales impliquées dans le tournoi ont été accueillies dans des réceptifs hôteliers de haut niveau.
Globalement, les populations ont joué leur partition dans l’événement.
Le hic et le seul a été que celles-ci n’ont pas été suffisamment sensibilisées quant au fait que le tournoi était une compétition qui serait très disputée et que le pays hôte avait des chances de gagner mais également des chances même minimes de perdre .
Au lieu de cela, il a semblé, au vu de l’émotion née de la défaite que, le courant de pensée dominant était à la distillation d’un optimisme sans réserve.
Pour les prochaines éditions de la CAN , il faudrait que les organisateurs locaux sensibilisent assez les populations sur le caractère compétitif et partant aléatoire du tournoi.
Par rapport aux institutions sportives internationales à savoir CAF ou FIFA , il faut bien engager la réflexion sur leur leadership, sur le choix des arbitres et sur leur communication institutionnelle.
D’abord, ces institutions ne devraient-elles pas être dirigées par d’anciens sportifs à la retraite plutôt que par des hommes d’affaires ? Une réflexion sur le profil de leur leader doit être menée.
Quant au choix des arbitres, à la place de la désignation, ne serait-il pas préférable de les tirer au sort avec possibilité de changer en cas de conflit d’intérêt.
Par exemple, lorsque le tirage sort le
national d’une équipe du même pays que l’arbitre du match.
Pour finir sur ces institutions sportives internationales concernée ne devraient-elles pas produire et diffuser avant et pendant la compétition des spots sur le fair-play , dans et hors des terrains ?
Enfin , par rapport au Sénégal, on constate que la victoire a été acquise largement avec la diaspora sportive.
Alors pourquoi, ne pas solliciter la diaspora par rapport à la résolution des difficultés du pays et à l’émergence nationale ?
De ce point de vue, j’ai trouvé très séduisante la proposition du Président Darchari Mikidache du Think Tank « Cercle des économistes et des experts Comoriens » tendant à la création d’une Agence nationale de la diaspora.
Une telle Agence pourrait favoriser la participation multidimensionnelle de la diaspora aux processus de développement de nos nations.
Me AMADOU ALY KANE
AVOCAT ET SUPPORTER DES LIONS DE LA TERANGA