La situation précaire à l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) suscite une nouvelle intervention des autorités religieuses. Alors que le campus traverse une zone de turbulences marquée par la grève des étudiants et la fermeture des restaurants universitaires, le khalife de Bambilor, Thierno Amadou Ba, a adressé une lettre ouverte aux acteurs de la crise. Dans ce document relayé par nos confrères de Sud Quotidien, le guide religieux pose un diagnostic lucide sur les tensions actuelles et formule une recommandation spécifique à l’endroit de l’Exécutif pour débloquer la situation.
Le constat dressé par le dignitaire religieux met en lumière une dégradation du climat social au sein de l’espace universitaire. Si une période d’accalmie avait été notée suite à des médiations antérieures, Thierno Amadou Ba regrette que « des éléments nouveaux », notamment la fermeture des services de restauration, aient ravivé les frustrations. Pour le khalife, l’application stricte des textes administratifs ne doit pas se faire au détriment de la paix sociale. Il invite ainsi l’État à faire preuve de « sens de responsabilité, d’écoute et d’humanité » en tenant compte des réalités difficiles du terrain.
Dans sa communication, le guide tient à saluer la posture des étudiants. Loin de blâmer les mouvements de grève, il loue la « dignité » et la « maturité » dont ont fait preuve les représentants des amicales malgré les difficultés. Il précise que leur attitude respectueuse envers les autorités morales ne doit pas être perçue comme un signe de faiblesse ou de renoncement, mais comme une preuve de conscience citoyenne. Thierno Amadou Ba assure aux pensionnaires de l’UCAD que l’accompagnement des chefs religieux leur reste acquis et qu’ils « ne sont pas seuls » dans cette épreuve.
Pour sortir durablement de l’impasse, le khalife de Bambilor estime que le niveau de traitement du dossier doit changer. Il en appelle directement au Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, ainsi qu’au Premier ministre. Selon lui, la résolution de la crise exige désormais un engagement personnel au plus haut sommet de l’État. Thierno Amadou Ba exhorte les autorités à « ouvrir leurs portes aux étudiants » selon un format bien précis : une rencontre franche, inclusive et surtout « sans intermédiaires ». Cette approche directe est présentée comme la condition nécessaire pour restaurer la confiance et apaiser les tensions, évitant ainsi que la méfiance ne s’installe durablement entre les futurs cadres de la nation et leurs dirigeants.