Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a fermement réagi aux récentes déclarations du président américain concernant le statut du Groenland. Dans une interview accordée à plusieurs médias européens, le chef de la diplomatie française a exigé la fin du « chantage » exercé par les États-Unis sur ce territoire autonome relevant de la souveraineté du Danemark.
S’exprimant notamment dans les colonnes de Ouest-France, Jean-Noël Barrot a tenu à clarifier la position européenne face aux ambitions affichées par Washington. Il a indiqué ne pas croire à l’hypothèse d’une intervention militaire américaine pour s’emparer de l’île, un scénario pourtant évoqué par Donald Trump. Pour le ministre, le Groenland demeure un territoire européen sous la protection de l’Otan, et les nations européennes disposent de leviers suffisants pour défendre leurs intérêts. Ces propos, relayés par l’agence Anadolu, interviennent dans un contexte de tensions diplomatiques croissantes sur l’Arctique.
Le président Donald Trump avait relancé la polémique vendredi en affirmant que des puissances rivales comme la Russie ou la Chine pourraient chercher à « occuper le Groenland » si les États-Unis ne prenaient pas les devants. Le dirigeant américain a déclaré que son administration agirait, que ce soit « de manière douce » ou « de manière forte ». Cette rhétorique a provoqué une levée de boucliers immédiate chez les représentants locaux. Les dirigeants des cinq partis du Parlement groenlandais ont rejeté toute ingérence, réaffirmant dans une déclaration commune que l’avenir de l’île appartient exclusivement au peuple groenlandais. Il convient de rappeler qu’un accord de défense lie les États-Unis, le Danemark et le Groenland depuis 1951, autorisant déjà une présence militaire américaine sous conditions.